OM-PSG : 5 choses à retenir du Clasico

PAR Emmanuel Bocquet, le 08/10/2012 à 13:56

OM-PSG, c’est fini. Le Clasico le plus attendu de ces 20 dernières a livré son verdict dimanche soir. Enfin, pas vraiment puisque les deux équipes n’ont pas pu se départager. Mais ce match permet quand même d’y voir un peu plus clair quant au potentiel des deux équipes. Et nous a permis d’apprendre cinq choses essentielles sur les deux équipes les plus populaires de France.

 

1) Le Vélodrome, c’était mieux avant.

Certes, avec la tribune Ganay quasiment vide pour cause de travaux, l’arène marseillaise est amputée de près de 20 000 places. Mais avec 40 000 spectateurs – presque autant que dans l’ancien Vélodrome -, il y a tout de même moyen de mettre un sacré bordel dans les tribunes. Pourtant, hormis un joli tifo pour fêter les 25 ans des South Winners, deux ou trois « Aux Armes » bien repris et quelques envolées au niveau des décibels sur les deux buts marseillais et quelques occasions, le public olympien est resté sage. Très sage. On ne s’en plaindra pas d’un point de vue sécuritaire, puisqu’il n’y a eu quasiment aucun débordement à signaler. En revanche, l’ambiance a parfois connu des trous d’air, à tel point qu’on entendait distinctement les hurlements du staff marseillais sur le bord de la touche. Où sont passés les fadas des années 90 ?

2) Zlatan, le cache-misère

Un mawashi-geri devant N’Koulou et un coup-franc en mode missile : en deux gestes de génie, Zlatan a permis au PSG de reprendre l’avantage et, in fine, d’obtenir le match nul à Marseille. Mais il ne faut pas s’y tromper. La performance hors norme du Suédois a masqué la vacuité du jeu collectif parisien. Passes à contretemps ou dans le vide, erreurs techniques en-veux-tu-en-voilà, contrôles américains… Mais surtout une inertie et un manque d’allant très inquiétant. Si les Parisiens ne sont pas motivés par un OM-PSG, qu’est-ce qui va les motiver ?

3) Gignac, ce Phénix

On attendait « Big Mac Gignac » au tournant avant ce match. Son duel à distance avec Ibrahimovic, son premier gros match en pleine possession de ses moyens… Eh bien APG a fait mieux que rivaliser avec Zlatan. Son premier but est celui d’un mec en pleine bourre : sa frappe passe entre les jambes de Jallet, avec juste le petit rebond qui va bien devant Sirigu, qui ne peut que l’effleurer du bout des doigts. Le second, une tête décroisée sur un corner de Valbuena au milieu de 4 Parisiens dont Alex et Ibra, symbolise la confiance totale de l’ancien Toulousain. A tel point qu’Elie Baup, qui ne pouvait pourtant pas le blairer au Téfécé, l’envoie déjà en équipe de France. Eh oh, doucement Elie…

4) Thiago Silva, c’est pas (encore) ça

Bon, OK : le garçon a du ballon et dégage une espèce de sérénité de Sphinx qui ferait passer le Dalaï Lama pour un gréviste de Force Ouvrière un jour de plan social. Clairement, les qualités du garçon sont énormes. Le problème, c’est qu’on a surtout vu jusqu’ici ses défauts : une certaine nonchalance, quelques oublis défensifs et pas mal d’imprécisions dès lors qu’il n’a pas le temps de s’organiser. Lui aussi avait un duel à distance avec N’Koulou, le meilleur défenseur africain de l’OM, donc du Monde. On ne peut pas dire qu’il l’ait remporté.

5) L’OM tient la route

Beaucoup d’observateurs se demandaient si l’OM n’était pas un peu en surrégime depuis le début de la saison, surtout vu le calendrier extrêmement facile qui a permis aux Phocéens de signer une série de six victoires consécutives. Certains envisageaient même une déculottée pour la bande à Baup. Ca n’a pas été le cas, loin s’en faut. Collectivement, Marseille a montré beaucoup plus de certitudes qu’un PSG suspendu aux exploits de sa star scandinave. La relation Valbuena-Gignac est bonne, la défense tient la route malgré Morel et le jeu développé par les Phocéens, tant dans les phases de conservation du ballon que dans l’élaboration des attaques – avec une forte propension à passer par les côtés -, est plus que cohérent. De quoi empêcher le PSG de passer devant jusqu’à la fin de la saison ? Difficile à dire. Il faudra pour cela que l’OM soit épargné par les blessures et lâche, tôt ou tard, la Ligue Europa.

Mais oui, sur ce qu’on a vu dimanche soir au Vélodrome, imaginer l’OM résister au PSG jusqu’au bout est une éventualité crédible. Et c’est déjà une belle surprise pour le suspense…

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