PSG – Sochaux : Gameiro est-il toujours en vie ?

PAR Nicolas Deparcy, le 28/09/2012 à 23:47

Invaincu depuis le début de la saison, le PSG va tenter de remporter son quatrième succès de rang ce samedi contre Sochaux. Pas de bol pour Carlo Ancelotti, Jérémy Ménez s’est fait mal à la fesse et a préféré renoncer à affronter son club formateur. Faute de choix, c’est donc Kévin Gameiro qui a été rappelé pour débuter en pointe avec Zlatan. 

L’histoire de Kévin Gameiro est comparable à celle de Pedro Miguel Pauleta, un joueur qui s’est planté d’époque pour jouer au PSG. Si le Portugais méritait d’évoluer aux côtés de joueurs plus en adéquation avec sa classe, le natif de Senlis a sans doute lui signé dans un club devenu trop grand pour ses épaules. Annoncé avec insistance du côté de Valence en juin 2011, l’ancien Lorientais auteur d’une saison à 22 pions dans le Morbihan, fout un vent de classe mondiale aux Espagnols pour serrer la pince à Robin Leproux, encore Président du PSG made in Colony Capital. Tout le monde est heureux, Paris tout d’abord, qui empêche le deuxième meilleur buteur du championnat de se tailler à l’étranger. Le petit Kévin ensuite, qui signe dans son club de coeur pour 300 000 balles par mois. Seulement voilà, l’histoire se complique quelque peu. Le club de la Capitale change de mains et devient qatari. Robin des bois et Sebastien Bazin sont out, c’est Nasser, les turbans du Qatar, Léonardo et l’argent à profusion qui débarquent porte d’Auteuil avec d’autres intentions. La première d’entre-elles, ramener un tueur de surface au nom ronflant. Saméto, Berbatov et Higuain sont sondés et avancés, sans que cela ne se concrétise. C’est donc par défaut que le néo-international français débute la saison seul en pointe sous les ordres de feu Kombouaré, et ça promet.

Dès la deuxième journée, Joao Gameiro ouvre son compteur à Rennes, avant d’enchaîner contre Valenciennes et Toulouse. Le PSG clôt son mercato estival sans pointe supplémentaire, mais avec un Kévin Gameiro efficace. Au soir de la dixième journée de Ligue 1, on peut même dire que le nain se porte bien avec ses huit buts. Sauf qu’au moment de faire les comptes, on s’aperçoit que Kévin est absent des tableaux d’affichage contre Bordeaux, Lille, Lyon et l’OM.  Son truc à lui, c’est de martyriser les seconds couteaux comme Valenciennes, Nice, Ajaccio et Sochaux. Ça fait forcément tâche pour un international. Pire, il semblerait qu’il y ait un « problème Gameiro« . Sans que personne ne comprenne, Ménez, Nene et Pastore ne le trouvent jamais. Pire, ils ne semblent même pas le rechercher, ce qui est toujours emmerdant pour un attaquant dont le jeu est basé sur ses appels de balle. Quand les rares passes des trois artistes arrivent à destination, l’ancien Strasbourgeois tergiverse trop et vendange à tout va. A la mi-saison, Gameiro culmine à 9 pions, dont trois face à Ajaccio. La suite, on la connaît, Kombouaré est viré, Ancelotti prend sa place, le cauchemar s’amplifie.

On le sait, le seul truc qui compte pour un Italien, c’est l’efficacité. Alors qu’on a drivé Pippo Inzaghi, on ne peut pas accepter qu’un lutin avec des tâches de rousseur loupe le peu d’occasions qui se présentent à lui. Pourtant, Carletto lui accorde sa confiance un certains temps, à peine deux mois en fait, jusqu’à l’ultime match fantôme du nain contre Montpellier au Parc. Quand c’est trop, ce n’est pas tropico pour Carlo, mais plutôt le banc pour Gameiro. Kévin sort du onze de départ au profit de Guillaume Hoarau, de retour de la Pitié Salpétrière. La donne se corse même encore davantage pour KG19. La tige réunionnaise est en flèche rouge et plante des buts importants, notamment à Lyon et Bordeaux. On comprend donc que les carottes sont définitivement cuites pour lui quand Ancelotti instaure un nouveau système sans buteur avec Ménez, Pastore et Nene sur la même ligne pour les résultats qui vont avec. Paris termine en boulet de canon, sans Kévin. Au final, Gameiro aura distribué 11 caramels pour sa première saison à Paname dont 9 lors de ses six premiers mois. Aie.

Depuis le début d’année civile, le numéro 19 n’a fait trembler les filets qu’à quatre reprises. Deux fois en coupe contre les amateurs de Sablé, une fois contre les montagnards d’Evian et la dernière fois contre la moutarde dijonnaise… en mars. Sept mois donc, sept mois sans la moindre célébration en Ligue 1. Heureusement ce samedi, Jérémy Ménez et Ezequiel Lavezzi sont blessés. C’est donc l’ancien tricard qui accompagnera Zlatan en attaque. Comme un bonheur n’arrive jamais seul, c’est Sochaux qui se pointe au Parc avec son lot de casseroles en terre parisienne. Sur les sept derniers matchs entre les deux équipes, les Doubistes ont perdu six fois et restent sur un 6 -1 au cours duquel même Sylvain Armand a marqué. Si on regarde davantage dans le rétro, on s’aperçoit que les Sochaliens restent sur un série de 20 pions encaissés face aux franciliens lors des quatre dernières années. En gros Gameiro a une occasion en or. Non pas de s’installer durablement aux côtés de sa majesté suédoise, mais plutôt de se faire plaisir et de montrer à Ancelotti qu’il n’est pas le peintre incapable de supporter la moindre pression. Epaulé par le colosse scandinave, on n’imagine pas un seul instant le petit Kévin sevré de ballon comme ce fut le cas la saison passée. A lui de faire le boulot et de bousculer une hiérarchie qui s’annonce malgré tout bien établie.

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