Le PSG a décroché son premier succès de la saison en s’imposant à Lille dimanche soir (2-1). Alors que Carlo Ancelotti semble avoir trouvé la solution tactique avec ses deux pointes, le technicien italien va rapidement être confronté à un véritable casse-tête avec les retours de plusieurs joueurs.
La défense, chantier permanent d’Ancelotti
Décriée, la charnière centrale parisienne revit depuis le début de la saison. A part une première période laborieuse contre Lorient en ouverture du championnat, on ne peut pas dire que la paire Alex – Sakho ait fait transpirer Carletto. Pourtant, avec le retour programmé de Thiago Silva, l’Italien va bientôt devoir faire un choix et chambouler ce petit monde pour faire de la place à l’homme qui vaut 49 plaques. Capitaine déchu de la saison passée, Sakho était trop lourd, trop lent au démarrage, trop friable. Résultat, Mamad’ a perdu les kilos superflus et s’est refait une santé cet été pour mieux revenir. Peu à peu, Kirikou monte en puissance et redevient le défenseur intraitable qu’il était avec deux gros matchs contre Bordeaux et Lille. Cerise sur le gâteau, il réussit à se mettre Leonardo dans la poche : « Je suis vraiment très content pour Sakho qui a été formidable. Je suis vraiment content pour lui. Quand on sait ce qu’il a vécu la saison dernière, le voir revenir ainsi c’est super ». Suffisant pour s’assurer une place aux côtés de TS ? Possible, d’autant qu’Alex n’arrive pas à convaincre grand monde depuis son arrivée en provenance du grenier de Chelsea. Malgré sa science du placement et son gabarit, le tank est loin d’être impérial et se fait même souvent bouffer de la tête. Enfin, ça c’est quand il arrive à déplacer son quintal. Autant se le dire, si Ancelotti est un tant soit peu logique, il alignera une charnière Thiago Silva – Sakho, sorte d’alliance parfaite sur le papier entre élégance et puissance animale. Papus Camara jouera lui les matchs de coupe à Carquefou en compagnie de Diego Lugano, abonné aux tribunes depuis le début de saison.
Du côté des latéraux, on le sait, Carlo aime Christophe Jallet au point de lui filer le brassard. Increvable, l’ancien Lorientais n’arrête jamais avec des déboulés incessants dans son couloir et un apport offensif incontestable. Ce qui n’a pas empêché le club de lui coller Gregory Van Der Wiel, un vulgaire international néerlandais, dans les pattes. Bon, vu les prestations défensives du Batave à l’Euro, le divin chauve peut dormir sur ses deux oreilles sans se décoiffer. A moins que les boulevards laissés dans son dos et ses relances coupables finissent par réellement agacer l’Italien. Pas sûr cependant que le Hollandais le rassure plus de ce point de vue… Une question se pose quand même : le brassard du PSG porte-t-il malheur à celui qui le porte ? A gauche, Maxwell semble intouchable. D’abord parce que c’est le pote d’Ibra. Ensuite parce que ses concurrents se nomment Sylvain Armand et Siaka Tiéné. Pas besoin donc de s’étaler sur le sujet.
L’embouteillage au milieu
Carlo Ancelotti jouera quoi qu’il arrive avec trois milieux de terrain à vocation défensive. Et l’Italien a l’embarras du choix. Contre Lille, Verratti a crevé l’écran juste devant la défense. En 71 minutes, le môme de 19 ans a tout fait aux Lillois. Il les a surtout rendus dingues grâce à sa technique, sa facilité, son vice et sa classe. Comparé à Pirlo au pays, Christophe Josse a lui vu du Gattuso. Hier, les deux étaient réunis dans un même corps. Au programme : des récupérations de pitbull suivies d’un dribble insensé vu son positionnement, pour conclure sur une relance vers l’avant dans les pieds. Si en plus il se permet d’agacer Pierre Ménès en jouant propre, on se dit que le gamin a de l’avenir. Même s’il régale à chaque prise de balle, nul doute qu’il doit par moment faire bouillir son mentor sur le banc en usant et abusant de son râteau avec la semelle. Mathieu Bodmer a eu sa chance à ce poste, il semble que ce soit Marco Verratti qui l’ait saisie. On imagine cependant mal Carletto cramer un gamin de 19 ans.
Aux côtés du nain, Thiago Motta est bien évidemment indéboulonnable. A la rue contre Bordeaux, l’Italo-brésilien a fait dans la sobriété hier soir, à savoir gratter des ballons pour les distribuer proprement, le tout sans distribuer ses taquets habituels. Comme quoi même hors de forme, il semble déjà indispensable dans l’esprit d’Ancelotti. C’est plutôt du côté de Matuidi que le changement pourrait intervenir avec le retour de Momo Cissokho. Efficace dans ce rôle d’essuie-glace, l’ancien Stéphanois n’hésite pas à se projeter vers l’avant même s’il semble trop light, trop gentil, trop bien élevé au milieu des deux autres vilains. Un défaut qu’Ancelotti pourrait corriger en intégrant le monstre malien au trident. Il faudra alors souhaiter plus que de la chance aux futurs adversaires du PSG pour passer sans encombres entre les trois gaillards. Pendant ce temps, Adrien Rabiot pourrait gratter quelques minutes en Coupe même s’il semble pour l’instant trop emprunté et limité pour espérer plus dans cette équipe.
Devant ces trois poètes, c’est le ménestrel, celui qui compose le jeu. Réservé jusqu’alors à Javier Pastore, le poste pourrait bientôt se retrouver vacant au vu de ses derniers matchs. Placé derrière les deux attaquants dimanche soir, El Flaco n’a pas convaincu et a une nouvelle fois traversé le match comme un fantôme. S’il s’en sort grâce à une passe décisive salvatrice, l’Argentin reste une énigme qui pourrait bientôt s’asseoir sur le banc, et ça ne serait pas volé tant il est quelconque depuis le début. Ce n’est pourtant pas la rentrée de Nene qui va l’inquiéter. Victime du passage à deux pointes, le Brésilien n’est rentré qu’à l’heure de jeu pour rater tout ce qu’il a entrepris, jusqu’à oublier son pansement sur le pif. Il a alors dû se contenter de pourrir le match en tombant à-tout-bout-de-champs. Le pire, c’est que ça a marché. De là à le voir titulaire au prochain match, il n’y a qu’un pas qu’Ancelotti ne franchira sûrement pas tout de suite. Le capricieux a pourtant toutes les qualités pour s’imposer à ce poste. Si seulement il laissait ses problèmes contractuels de côté…
Qui pour accompagner Ibra ?
C’est plutôt devant que les places semblent les moins figées pour accompagner le Roi Zlatan. Dimanche soir, c’est Jérémy Ménez qui a tenu le rôle, avec brio. Jusqu’à sa sortie sur blessure, l’ancien furet a couru dans tous les sens et a défendu comme un chien enragé. Mieux, il a parfaitement combiné avec Ibra, lui offrant notamment le premier but sur une remise aussi limpide que géniale. S’il continue sur ce tempo, le prince du 9-4 a tout pour confirmer qu’il est de loin l’un des meilleurs attaquants français. C’est même plutôt dans son intérêt, parce que ça pousse derrière, notamment du côté d’Ezequiel Lavezzi. Acheté 30 bâtons, le tatoué va revenir de suspension après son tacle trop fort de café contre Ajaccio. Et ce n’est pas pour cirer le banc. Son truc à lui, c’est de tourner autour de l’attaquant de pointe et de harceler la défense pour la pousser à la faute. Comme il avait l’habitude de le faire à Naples. En gros, ce qu’a fait Ménez hier, en plus vicieux peut-être. Nul doute qu’il devrait vite retrouver une place dans le onze, dans ce rôle de 9 1/2 ou d’ailier si Ancelotti décide de repasser au sapin de Noël.
La place se jouera quoi qu’il arrive entre lui et le Français, pour le plus grand bonheur de Kévin Gameiro qui pourrait se consoler avec la Coupe de la Ligue ou une éventuelle blessure de Zlatan. Trop limité techniquement, on voit mal l’ancien Lorientais se faire une place dans ce schéma et combiner dans les petits espaces comme les deux autres. Ses appels de balles et sa vitesse pourraient pourtant faire des merveilles avec les déviations du Suédois. Quant à Guillaume Hoarau, il devrait avoir le temps de peaufiner ses vannes sur le banc. Quoi qu’il en soit, Carlo Ancelotti va avoir l’occasion ici de prouver qu’il est bien le gestionnaire de stars qu’on nous a promis. Mais après tout, Thiago Silva et Ibrahimovic mis à part, y a-t-il de véritables stars au PSG ?
A LIRE EGALEMENT SUR MENLY.FR :
Cristiano Ronaldo voudrait quitter le Real Madrid et rejoindre le PSG !
OM : une chance sur trois d’être champion de Ligue 1

