
Bilan : 4 buts en 6 matchs. Vous avez bien lu : lors de ses 6 dernières sorties (les 4 matchs de l’Euro + l’Uruguay et la Finlande), l’équipe de France présente une moyenne de but astronomique de… 0,66 but par match. Un score famélique digne du Téfécé des plus belles années. Et ça fait un moment que ça dure chez les Bleus. Si Didier Deschamps a déjà posé les bases d’une défense solide – la charnière Yanga Mbiwa-Sakho tient la route – et a peut-être trouvé son milieu de terrain avec le triangle Mavuba-Diaby-Cabaye, l’animation offensive demeure un chantier totalement ouvert.
Pour le moment, DD s’est appuyé sur le boulot de son pote et prédécesseur Laurent Blanc. Ribéry à gauche, Ménez à droite et Benzema dans l’axe, c’était l’attaque de l’équipe de France face à l’Ukraine lors de l’Euro. Avec la seule victoire de la compétition à la clé pour les Bleus. C’est ce qui a dû décider – ça et les suspensions des sales gosses Nasri et Ben Arfa – Deschamps à faire du neuf avec du vieux. En attendant mieux. Alors évidemment, celui qui cristallise l’inefficacité offensive de l’équipe de France n’est pas à chercher bien loin. Karim Benzema n’a plus marqué depuis son doublé en amical devant l’Estonie, juste avant l’Euro. 6 matchs sans planter le moindre pion pour un avant-centre, ça la fout mal.
Un bilan à nuancer : sur les trois derniers buts inscrits par les Bleus, c’est le Madrilène qui a délivré la passe décisive à chaque fois, la dernière en date pour Abou Diaby vendredi en Finlande. Mais passes décisives ou pas, ce qu’on attend d’un attaquant axial, c’est avant tout qu’il marque. Et le mal a été identifié. En fait, KB 10 passe plus de temps à venir faire joujou avec ses copains au milieu de terrain qu’à rôder dans la surface adverse. Autre reproche fait à l’ancien Lyonnais : son accointance avec Ribéry, qui rejaillit tellement sur le terrain que les deux hommes donnent parfois l’impression de ne jouer que pour leur pomme. Comme à la récré, quand Kevin et Matteo ne se font des passes qu’entre eux, « parce que de toute façon les autres y sont trop nuls« .
Résultat des courses : à chaque tentative de dribble, Ribéry s’est systématiquement empalé sur la défense finlandaise comme une merguez sur une brochette. Quant à Benzema, il n’a jamais réussi à trouver une option de frappe ouverte (4 tirs contrés contre la Finlande). Et ce mutisme offensif, cette incapacité à prendre des risques dans les 30 derniers mètres ne date pas d’hier. Et elle porte un nom. Ou plutôt une suite de chiffres : 4-2-3-1. En se penchant un peu sur le problème, on se rend compte que c’est depuis cette période que l’équipe de France joue en 4-3-3 (qui ressemble d’ailleurs plus à un 4-2-3-1). Coïncidence ? Certainement pas.
A Munich, Ribéry casse des reins tous les week-ends et sert du caviar par boites de douze aux attaquants bavarois. Mais à Munich, quand Ribéry déborde pour centrer, il a 3 ou 4 receveurs potentiels dans la surface, et notamment le cannibale Mario Gomez, sa « cible » préférentielle. Chez les Bleus, quand Ribéry déborde, c’est le no man’s land dans les 16 mètres adverses. En général, Benzema sort à peine du rond central et Ménez cherche encore son chemin sur l’aile droite. Quant aux trois milieux à vocation défensive, inutile de dire qu’ils ne s’aventurent en territoire ennemi qu’en cas d’extrême urgence…
Ah tiens, parlons-en aussi des trois milieux défensifs. Ce mardi soir, on va jouer à la maison contre la 86e nation mondiale au classement FIFA, et que nous propose Deschamps ? Remplacer Abou Diaby, forfait, par Blaise Matuidi ou Etienne Capoue. Soit deux profils plus défensifs que le Gunner ! Un tel manque d’ambition et une obstination déjà visible chez Deschamps, qui a déclaré en conférence de presse, mi-amusé, mi-honteux, qu’il n’entendait pas changer son immuable 4-3-3. C’est aussi un message clair envoyé par Deschamps : il veut une équipe « bien en place ». Et comme sous Domenech, comme sous Blanc, c’est encore le supporter et téléspectateur lambda des Bleus qui va s’emmerder devant sa télé.
La solution la plus évidente consiste à passer à un système à 2 attaquants, et donc au 4-4-2. Deschamps l’a testé sans succès contre l’Uruguay, la complémentarité entre Benzema et Giroud n’ayant pas sauté aux yeux. Mais sur un seul match, difficile d’avoir un jugement définitif. Et puis, peut-être faudrait-il tenter le coup en associant Benzema à Gomis, pour voir. Une option que même « Luis Fernandez le pense aussi ». Alors si Luis est d’accord, on se tait et on s’incline…
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