Karim Benzema n’a pas fait un mauvais match face à la Finalnde, vendredi soir. Beaucoup d’activité, des appels, des tentatives de frappe, et une passe décisive pour Diaby. Oui, c’est bien beau tout ça, mais on attend surtout d’un avant-centre qu’il marque.
Six matchs. Depuis six rencontres, la Benz est en panne et ne marque plus. Pire, Karim ferait déraper toute l’équipe puisque les Bleus n’ont scoré qu’à une reprise lors des quatre dernières sorties, ça commence à faire. Sans faire de procès d’intention au buteur du Real, force est de constater que les hommes de Deschamps, et de Laurent Blanc en son temps, entament un peu trop souvent les rencontres sans véritable pointe. C’est simple, depuis l’Euro, l’ancien Lyonnais est introuvable dans la surface de réparation et évidemment, personne, qu’il s’agisse de Ménez ou Ribéry ne pense à y aller. Si le problème ne vient pas du marquage féroce des défenses adverses, c’est surtout du côté du style de jeu du gaillard qu’il faut jeter un oeil. Au programme, des décrochages à la pelle faisant presque passer Nico39 pour un attaquant de profondeur.
Evidemment, personne n’osera coller Benzema sur le banc, sauf peut-être Jean-Mimi, toujours prompt à nous rappeler ô combien et pourquoi sa carrière d’entraîneur-joueur fut si courte : « Il faudrait peut-être que Karim Benzema et Franck Ribéry arrêtent de penser que l’un doit systématiquement donner le ballon à l’autre et que l’autre doit le rendre à l’un. C’est insupportable et le seul ballon que Karim Benzema n’a pas donné à Franck Ribéry c’est celui qu’il a donné à Abou Diaby. J’en ai vraiment ras le pompon de ces affinités hors du terrain qui, sur la pelouse, se transforment par l’exclusion des autres« . Même s’il n’a dans le fond pas si tort que cela, n’oublions pas que l’ancien Stéphanois était bien content de voir les deux lascards combiner lors des matchs de préparation. Faire croire que Benzema ne joue que pour sa gueule et celle du poète bavarois semble donc bien mensonger d’autant que les solutions ne sont pas nombreuses. Vendredi, aucun Bleu n’a été capable d’apporter le danger offensivement, à part Ribéry, Evra et évidemment Diaby sur une action, Jérémy Ménez ayant décidé de ne pas vraiment attaquer. Benzebut s’est donc retrouvé livré à lui même face au manque de percussion du milieu tricolore, Diaby ne pouvant tout faire.
KB 10 en 9 et demi ?
Sans milieu de terrain capable de tenir suffisamment le ballon et de délivrer du caviar au bon moment, tout devient compliqué. Qu’on se le dise, Karim Benzema n’est pas un renard Inzaguiesque, capable de se faire oublier pendant 70 longues minutes avant de planter l’adversaire d’un pointu sur un hors-jeu. Pas assez patient pour ce rôle, pas assez vicieux, le Lyonnais a besoin de toucher le ballon, d’aller le chercher loin pour briller et faire briller. Au Real, la formule marche puisque l’étiquette de buteur ne lui est pas attribuée. C’est un Portugais qui fait 3000 abdos quotidiennement dont la valeur est estimée à 200 plaques par la banque de Manchester City qui s’en charge. En clair, quand Benz décroche, CR7 prend le relais dans le rectangle adverse sans que cela ne déséquilibre l’équipe, c’est facile finalement. La solution viendrait-elle donc d’un simple changement tactique et d’un passage à deux pointes avec le repositionnement de KB10 en 9 et demi ? Sûrement, encore que. On l’a vu contre l’Uruguay, Benzema n’a pas vraiment d’affinité technique avec Giroud, souvent réclamé par les spécialistes. Quand on voit l’offrande faite à Diaby, on se dit qu’il y a quand même matière à faire entre les deux hommes. Gomis semble lui bien trop light pour être titulaire. Changer de système pourrait cependant revenir à se priver d’un trident à fort potentiel au milieu avec Mavuba, Diaby et Cabaye. En fait, plus qu’un schéma, c’est surtout l’animation qui doit changer.
S’inquiéter du rendement de la pointe est donc un faux problème, le véritable souci étant le manque de solutions apportées par les éléments offensifs de cette équipe. Ribéry ne semble pas encore totalement en jambe, du moins pas assez pour repasser dans la catégorie des top-players. Ménez a également oublié qu’il était un excellent joueur de profondeur, loin de la bouillie servie vendredi soir. C’est dommage d’autant qu’il a souvent prouvé avec le PSG qu’il pouvait largement être ce joueur capable de désorienter n’importe quelle défense. Une performance que Jean-Michel Larqué ne parvient toujours pas à expliquer : « A quoi sert Jérémy Ménez ? Il n’est jamais là où il faut. Dans ce match-là, il ne fait rien, il ne déborde pas une fois, il n’adresse pas un centre correct, il n’est pas à la conclusion d’une seule action, il ne fait pas une passe décisive. Mais qu’est-ce qu’il fait ? Est-ce que Ménez sait ce que veut dire permutation ? Il est dans les pieds de Ribéry, il est dans les pieds de Benzema mais il n’est jamais là où il faut. On veut que Jérémy Ménez fasse la même chose qu’avec le PSG. Il ne comprendra jamais ce qu’on attend de lui. C’est au-dessus de son QI. Ce n’est pas possible de passer à côté d’un match comme ça. Tu joues contre la Finlande ! C’est n’importe quoi, tu es à gauche quand il faut être à droite. C’est incroyable, c’est épouvantable ! « .
Au final et malgré un match moyen, Karim Benzema est quand même dans les bons coups avec une passe laser décisive pour Diaby. A l’Euro, c’était également lui qui était à l’origine des deux buts français contre l’Ukraine, avec deux nouvelles assists. Pas mal pour un mec pas décisif.
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