
On nous l’avait vendu comme un cador. Exit le pantin Kombouaré incapable de gérer des stars, avec Carlo Ancelotti on allait voir ce que c’est qu’un coach, un vrai. De la trempe des Mourinho, Guardiola, Ferguson… Huit mois plus tard, on a surtout vu les limites du technicien italien, qui n’a pas fait progresser son équipe d’un iota.
Tenu en échec pour la 3e fois consécutive en Ligue 1, dimanche au soir au Parc par Bordeaux, le PSG fait du surplace. Mais ça n’inquiète pas Carletto : « De nouveaux joueurs sont arrivés, d’autres sont de retour de blessure. Nous devons encore travailler pour que notre jeu devienne plus naturel comme l’an passé. C’est seulement une question de temps. »
Mais du temps, le PSG n’en a pas. Zlatan Ibrahimovic, Thiago Silva, Ezequiel Lavezzi, Marco Verratti, Javier Pastore, Thiago Motta, Jérémy Ménez… N’importe quel entraîneur en Europe – et a fortiori en France – rêverait d’avoir un tel effectif sous la main. Encore faut-il en faire quelque chose.
Pour le moment, le PSG empile les noms ronflants et les égos taille pastèque. Mais sur le rectangle vert, le spectacle est loin d’être au rendez-vous. Et le premier responsable de cet état de fait n’est pas à chercher bien loin. Quand le chef d’orchestre n’est pas bon, ce sont tous les musiciens qui font des fausses notes. D’où cette analyse en trois points sur la responsabilité d’Ancelotti dans les atermoiements du PSG.
1) L’échec face à Montpellier
OK, avec 82 points au final, Montpellier a réalisé une saison hors du commun. Mais il faut rappeler qu’au moment de son arrivée aux commandes de l’équipe en remplacement d’Antoine Kombouaré, Ancelotti avait récupéré une équipe leader du championnat. A la trêve, Paris comptait 40 points. Montpellier 37. A l’arrivée, il en totalisera 79 et échouera à 3 points des Héraultais.
En autant de matchs, l’Italien totalise donc 1 point de moins que le Kanak. Le tout en ayant pourtant renforcé l’équipe au mercato hivernal avec Maxwell, Alex et Thiago Motta, sans parler des 6 mois d’automatismes, fruit du travail de son prédécesseur. Autrement dit, Ancelotti a fait mois bien que Kombouaré avec un effectif quantitativement et qualitativement supérieur et déjà un peu rodé. Pas glorieux.
2) Projet de jeu ? Néant
Le moins qu’on puisse attendre d’un mec qui a gagné la Ligue des Champions comme joueur et comme entraîneur et qui déboule nanti d’un CV long comme le bras et d’une réputation de Top 5 mondial, c’est qu’il fasse « jouer » (au premier sens du terme) son équipe.
On ne demande pas (encore) à Ancelotti d’égaler le jeu du Barça, mais à ce stade, il devrait au minimum avoir défini une ligne directrice et des orientations de jeu identifiables. Or, que constate-t-on depuis l’arrivée du mentor transalpin ? Aucun liant entre les lignes, des phases de jeu brouillonnes ou inabouties, et une incapacité chronique à conclure les actions. Jusqu’à la surface adverse, ça tripote bien et on a même droit, de temps à autres, à quelques bribes d’un jeu assez léché. Mais la dernière passe n’arrive jamais.
Carlo peut prendre son air de cocker battu , il ne trompe personne et sans doute pas lui-même non plus. Après 8 mois et 22 matchs officiels à la tête de l’équipe, le technicien italien aurait déjà dû poser sa patte sur l’équipe, au moins lui avoir transmis les bases de son projet de jeu. Ce n’est pas le cas.
3) Discours lénifiant
Alors c’est sûr, Carlo parle bien le français pour un mec qui est là depuis moins d’un an. En revanche, la teneur de son discours laisse, dans le meilleur des cas, dubitatif. Son implication n’est pas en cause. La façon dont il a déglingué une bouteille d’eau sur la pelouse d’Ajaccio – ce qui lui a d’ailleurs valu d’être exclu – prouve que l’homme est au taquet dans le projet parisien. Mais c’est en conférence de presse après la purge livrée par ses joueurs que ses déclarations font froid dans le dos.
« Nous devons travailler pour trouver un meilleur équilibre et une meilleure organisation car il y a beaucoup de nouveaux joueurs. » Ah oui, d’accord. Donc après 8 mois à la tête de l’équipe, le mec en est encore à chercher le bon équilibre ! Quant à sa remarque sur les nouveaux joueurs, c’est encore plus drôle : depuis le début de la saison, jamais plus de 2 recrues n’ont pu être alignées ensemble, les autres étant déjà là l’an dernier. Comme excuse, il faudra trouver mieux la prochaine fois…
Voici la déclaration complète d’après-match du coach parisien :
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