Une bronca. C’est par cette clameur de dépit qu’ont réagi de concert les spectateurs du Stade de France samedi dernier, lorsqu’ils entendirent l’annonce du report du match de rugby France-Irlande à une date ultérieure.
Déjà congelés par une température à ne pas même mettre un Irlandais dehors, les 80 000 courageux qui avaient fait le déplacement n’en croyaient pas leurs oreilles – elles aussi gelées. Il était presque 21 heures et, jusqu’au bout, tout laissait croire que ce deuxième match du tournoi des VI Nations allait pouvoir se jouer.
Dégoûtés, dépités, les supporters durent dès lors rebrousser chemin, non sans dire leur colère et leur incompréhension face à ce fiasco, dès qu’un micro s’approchait. Et d’ailleurs, comment avait-on pu en arriver là ?
Car avant que l’arbitre de la rencontre Dave Pearson – à cinq minutes du coup d’envoi ! – ne prenne cette décision de ne pas jouer le match, tous les indicateurs semblaient au vert. Seules d’immenses machines soufflant de l’air chaud aux quatre coins du terrain laissaient planer le doute sur la tenue du combat.
Pourtant, l’organisation du Stade de France avait anticipé en bâchant et chauffant le terrain depuis plusieurs jours. De son côté, le diffuseur de la rencontre France 2 avait, dès le début de la semaine dernière et les températures glaciales qui sévissaient déjà dans l’Hexagone, fait savoir qu’il était prêt à anticiper l’heure du match. Une prudence qui ne reçut aucun écho du Comité des VI Nations qui estimait pour sa part qu’il n’y avait aucune raison d’avancer l’horaire : mauvaise pioche.
Ce report du match France-Irlande à une date encore inconnue – a priori début mars -, va sans doute faire des milliers de malheureux. Des Irlandais (et provinciaux) d’abord, qui ont dépensé des centaines d’euros pour venir assister à cette rencontre et dont les dépenses liées au transport et hôtel ne leur seront probablement pas remboursées. Seuls les tickets pour le match seront sans doute encore valables pour les détenteurs du billet de samedi dernier : une bien maigre consolation…
Ce n’est pas la première fois qu’un match du tournoi est reporté. L’exemple le plus marquant reste celui de 2001, lorsqu’une épidémie de fièvre aphteuse avait contraint au report d’Irlande-Angleterre… en octobre ! Avec Grand Chelem en jeu, qui plus est ! La nouvelle date de France-Irlande – sans doute le 3 mars – sera annoncée dans le courant de la semaine après concertation entre les deux fédérations, le Comité des six nations et les diffuseurs télé.










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