Cette semaine dans Grollande Hebdo, François Mitterrand livre en exclusivité ses impressions à Menly.fr…
Politique fiction – Le Qatar investit dans les banlieues, les écolos tentent de dicter leur loi, Manuel Valls cultive ses ressemblances avec Nicolas Sarkozy et la rigueur fait son grand retour. Une situation qui choque le premier président socialiste de la Vème République qui, de son poste d’observation privilégié, nous livre son sentiment sur la présidence de François Hollande.
« De là où je suis, je ne puis que regretter la situation lamentable dans laquelle se trouve notre pays. C’est pour cela qu’il m’a semblé opportun d’arracher une plume des ailes d’un ange pour m’entretenir avec vous, mes chers compatriotes, dans ce que j’appellerai ma Nouvelle lettre aux Français.
Le Qatar rit
Tout d’abord, j’apprécierais que quelqu’un m’explique en quel honneur le Qatar, pittoresque émirat de la péninsule arabique, se mêle de nos affaires sociales en investissant dans nos banlieues ? Cette ancienne colonie britannique pense-t-elle sincèrement avoir quelque chose à apporter à la France ? Je me demande à quoi François II pensait lorsqu’il a accepté ce marché. Le Général (de Gaulle, ndlr) – que je ne fréquente que très peu – ne s’en est toujours pas remis. Ceci étant, il n’a qu’une vague idée de ce qu’est une banlieue. Il ne faut pas trop lui en demander. Quoi qu’il en soit, cet investissement massif sera, je le crains, bien insuffisant. J’ai récemment fait la rencontre d’un jeune homme charmant, un certain Tupac Amaru Shakur qui me disait : « You, mo’a'f*ckin’ socialists, ya think ya go’a change the world. But nobody can change this mo’a'f*ckin’ world without gunz ». Peut-être a-t-il raison.
Je constate également avec effroi que les écologistes – qui, de mon temps, nous faisaient bien rire – tentent d’imposer leur loi au président de la République. Ce Hollande n’a-t-il donc rien retenu des leçons du passé ? Lorsqu’un allié pense qu’il a le droit de donner son avis, on s’en débarrasse. « Mieux vaut maintenir en place un adversaire docile qu’installer un ami indocile », expliquais-je à l’époque à son ancienne compagne, Ségolène. J’étais d’ailleurs persuadé qu’elle irait plus loin que lui. A croire que la marche du temps s’est écartée du droit chemin…
Valls avec Manuel
Et qui est donc ce Manuel Valls qui tente d’expulser les musulmans et les Roms de notre pays ? Plus de cent ans de socialisme pour faire la même politique que le RPR – que vous appelez UMP désormais –. Jean Jaurès n’en dort plus la nuit, croyez-moi. Il me fait véritablement penser à Nicolas Sarkozy, que j’ai eu comme ministre (1993-1995, ndlr). Ce dernier aura tout de même eu l’outrecuidance d’affirmer que je n’ai pas été un grand président. Lorsqu’il nous rejoindra, je me chargerai de lui rappeler que j’ai conservé mon fauteuil à l’Elysée quatorze années durant. Moi.
J’en reviens à ce Valls, Manuel Carlos de son prénom. Je ne saurais que trop conseiller à monsieur le président de la République de se méfier de lui. Si l’opportunité se présente, nul doute qu’il se jettera sur l’occasion pour lui prendre sa place. J’ai toujours su garder à bonne distance ce genre d’individus opportunistes. Demandez donc à M. Michel Rocard.
ONU-ra tous au Paradis
Ce qu’il y a de positif, malgré tout, c’est que le cœur du monde bat toujours à New York. Le Président est allé porter la voix de la France à l’ONU. Il aurait, en revanche, pu nous épargner le psychodrame de sa rupture difficile. Ne lui a-t-on jamais appris à toujours ménager et traiter avec le plus grand des égards ses épouse, maîtresses et anciennes amantes ? Quelle muflerie ! Et je pèse mes mots – bien que je regrette et condamne mon excès de familiarité épistolaire -.
J’ai toutefois eu ma dose de vulgarité en jetant un œil aux questions au gouvernement. Le ministre Michel Sapin s’est permis de qualifier une sénatrice de l’opposition d’« autiste ». Sommes-nous à la foire d’empoigne ? La démocratie est-elle devenue le chantre de la libre-expression des médiocres et des ignorants ? Je me surprends même à regretter les passes d’armes qui m’opposaient à M. Jacques Chirac. Quelqu’un a-t-il d’ailleurs des nouvelles de mon premier ministre ? Il y a bien longtemps que je n’ai pas eu l’occasion de tester ma verve et je crains d’avoir quelque peu perdu la main. Paraît-il que, lui, a perdu la mémoire. Au moins serions-nous tous deux sujets à un léger handicap.
Il me semble avoir livré l’essentiel de mon sentiment. Que dire de plus ? Je regrette au plus profond de mon âme que mon successeur socialiste ne dispose d’aucune solution pour endiguer le chômage et remettre 3 millions de Français au travail. Je regrette également que Jean-Marc Ayrault soit comparé à Edith Cresson. Mais, pour être tout à fait honnête avec vous, mes chers compatriotes, il n’y a qu’une seule chose que je ne regrette pas : ma retraite !
Croyez, mes chers compatriotes, à mes fidèles sentiments,
François Mitterrand,
Premier président de la République socialiste (1981-1995)
PS : Harlem Désir pour diriger mon parti. Est-ce bien sérieux ? »
Jean-Marc Ayrault va-t-il regagner en popularité ? François Hollande fera-t-il l’unanimité à gauche ? Le chômage va-t-il baisser ? Nul ne le sait mais Grollande Hebdo continuera de vous le raconter !
REVIVEZ LES AVENTURES DE FRANCOIS HOLLANDE AVEC GROLLANDE :
- Grollande Hebdo n°17 (les numéros précédents sont en lien dans cet article)

