Grollande Hebdo n°17 : OGM, Mahomet, vote des étrangers… La semaine contrariante du président

PAR Romain Renner, le 22/09/2012 à 12:22

Chaque semaine, revivez les temps forts de la présidence Hollande… 

Politique fiction – Les socialistes ont peur de la fête de l’Huma, les Français refusent le vote des étrangers, Charlie Hebdo enflamme les débats et Manuel Valls ne sait plus ce qu’il dit. Cette fois, c’est sûr, les astres en ont après François Hollande.

Samedi 15 / Dimanche 16 septembre 2012 : No Huma no cry

Week-end festif pour le peuple de gauche (l’autre peuple, celui de droite, a déjà eu Rock-en-Seine). La fête de l’Huma bat son plein à la Courneuve. C’est pourtant une Najat Vallaud-Belkacem en larmes qui fait son apparition dans le bureau du Président. Après quelques secondes de silence, la ministre sort de son mutisme :

« On m’a sifflée !
- Oh ma pauvre chérie… Mais, tu sais, les garçons sont des mufles. C’est regrettable mais ce sont des choses qui arrivent
- Mais non ! A la fête de l’Huma ! Moi je fais l’effort d’y aller et voilà comment on me reçoit
- Comment ça, toi tu fais l’effort ? Ils ne sont pas venus les autres ?
- Non, ils avaient peur des communistes »

Bien qu’il feigne l’indignation, François Hollande comprend ses ministres. Pour avoir vécu les coups de gueule de Robert Hue, il sait que rien n’est plus dangereux qu’un coco en rogne. A part deux cocos en colère, évidemment.

Parallèlement, le président de la République reçoit une lettre de Xavier Bertrand :

« Monsieur le président de la République,
Sachez que je serai votre adversaire lors des élections présidentielles de 2017. Tenez-vous prêt.
Cordialement,
Xavier Bertrand »
Une missive à laquelle François Hollande se dépêche de répondre :
« Cher Xav’,
Sache d’abord que l’on dit « l’élection présidentielle de 2017″ et pas « les élections présidentielles de 2017″. Ensuite, commence déjà par réunir des parrainages pour diriger ton parti avant de venir me contester le fauteuil de l’Elysée.
Gros bisous,
François Hollande »

Lundi 17 septembre 2012 : sondages, sondages

Alors que l’Elysée songe à refaire appel à des instituts de sondage, la parution d’une étude affirmant que Nicolas Sarkozy ferait mieux que François Hollande refroidit les collaborateurs du Président. Le président de la République tente de rassurer ses collègues : « Ne vous inquiétez pas les mecs, on fera mieux au prochain sondage ». Mais, vexé, le chef de l’Etat envoie à son prédécesseur : « Si tu reviens, j’annule tout et je te laisse la place ». « A 150 000 euros la conférence, je préfère mon job, dsl », lui répond Nicolas Sarkozy dans la foulée.

Plutôt que de sombrer dans la dépression, François Hollande décide de se remettre au travail. Il convoque séance tenante Ségolène Royal, Jack Lang et Jean-Jacques Aillagon dans son bureau : « Si je vous ai réunis aujourd’hui c’est qu’il me faut un président pour l’Institut du monde arabe ». Et, alors que ses trois interlocuteurs commençaient déjà à se battre pour prendre la place, le président normal calme le jeu. « STOOOOP ! Voici un questionnaire qui me permettra de vous départager ». Après lecture, Jean-Jacques Aillagon et Jack Lang n’en mènent pas large. « Monsieur le Président, comment voulez-vous que nous sachions quelle est votre marque de caleçons préférée, votre boisson favorite ou votre acteur fétiche ? », l’interroge Jack Lang. « Trop fastoche ! », réplique une Ségolène Royal euphorique. « Désolé mais ce sont les règles du jeu. Plutôt que de courir les mondanités, vous auriez dû réviser… Comme tout le monde », leur répond François Hollande.

En fin de journée, on apprend le décès d’Edouard Leclerc. Une nouvelle qui affole Valérie Trierweiler :

« Où va-t-on faire les courses désormais !?
- Chez Fauchon, comme d’habitude. Mais si tu veux aller chez Leclerc, tu peux. Ils ne vont pas fermer, tu sais »

Mardi 18 septembre 2012 : faisons l’appel

Parce qu’on n’est jamais mieux trahi que par les siens, François Hollande a eu, hier, l’agréable surprise de lire « l’appel des 77″. Dans une tribune publiée par Le Monde, 77 députés socialistes réclament une loi accordant le droit de vote aux étrangers. Conscient qu’il n’a aucune chance de la faire passer, François Hollande espérait enterrer cette loi dans les tréfonds de la mémoire collective. Il réunit une cellule de crise composée de Jean-Marc Ayrault et Manuel Valls. Après trois heures de « oui, on le fait/non, on ne le fait », François Hollande tranche : il ne sait pas quoi faire.

Pour se détendre, le Président passe l’après-midi à consulter Menly. Au hasard de ses lectures, il découvre un article relatant d’une expérience qui va consister à faire prendre de l’ecstasy à un ancien député britannique en direct à la télévision. Il convoque immédiatement Laurent Fabius dans son bureau :

« Lolo, ça fait longtemps qu’on ne te voit plus. Je vais te donner de quoi faire le buzz
- Ne m’envoyez pas encore dans un pays pourri, s’il vous plait
- T’inquiète ma poule. On va te faire consommer de l’ecstasy en direct sur TF1
- Pardon ?
- T’as très bien entendu. Fais un peu le tour du Net pour te documenter sur la question. C’est ça ou tu trouves une soluce pour les violences dans les pays musulmans. Si t’as une idée sous le coude, c’est le moment de te lancer »

La mine déconfite, le ministre des Affaires étrangères repart vers le Quai d’Orsay, jurant de démissionner à la première occasion. Puis il se ravise. Après  tout, ministre, c’est pas mal comme situation.

En fin de journée, on apprend que Charlie Hebdo prévoit de publier des caricatures de Mahomet dans son édition du lendemain. Après avoir avalé un tube complet d’aspirines, François Hollande prononcera ses mots qui resteront probablement marqués dans l’Histoire : « Putain, fais chier ».

Mercredi 19 septembre 2012 : mercredi, jour du Seigneur

Comme prévu, les caricatures de Charlie Hebdo provoquent le scandale. Les médias et les personnalités politiques commentent à tout va cette nouvelle provocation de l’hebdomadaire satirique. Devant la crise qui se prépare, Manuel Valls a un plan de bataille. « On sort le Kärcher et on va empêcher la racaille de manifester », propose-t-il.

C’est dans ce contexte de tensions que l’on apprend l’attaque d’un supermarché casher à Sarcelles, suivie, quelques minutes plus tard, d’une révélation concernant le mariage de Jésus. François Hollande craint l’émeute communautaire. Il appelle le ministère des Affaires étrangères. « Faites envoyer des nems à l’ambassade de Chine ! On ne sait jamais ».

Pensant faire diversion, le gouvernement annonce le doublement du plafond du livret A. Une mesure qui inspire une pensée des plus justes à Valérie Trierweiler : « Doubler le plafond du livret A, c’est bien. Mais si personne n’a de pognon, ça sert à quoi ? »

Jeudi 20 septembre 2012 : Valls + Copé = Sarkozy ?

C’est désormais une tradition. Chaque semaine, Manuel Valls fait des siennes. Le ministre de l’Intérieur commence par contester la position du PS en matière de vote des étrangers. Premier coup de fil de François Hollande : « Manu, est-ce-que tu vas arrêter de toujours dire le contraire de ce qu’on défend ? ». « Non, vous n’aurez pas ma liberté de penser ! », lui répond-il sans trembler.

Acte 2 : Jean-François Copé félicite Manuel Valls pour son travail. Pis, il adoube le socialiste, considérant qu’ils défendent tous les deux les mêmes idées. Un bon coup de pied envoyé au PS, se dit le secrétaire général de l’UMP. Deuxième coup de fil de François Hollande : « Bon Manu, si tu veux nous faire une Besson, tu préviens hein ». « Je suis socialiste et je le reste ! », lui rétorque le ministre de l’Intérieur.

Acte 3 : interrogé sur les nombreux parallèles établis entre Nicolas Sarkozy et lui, Manuel Valls ne se plaint pas. « Cela ne me gêne pas si c’est une référence à son énergie et à sa combativité. Mais la comparaison s’arrête là », déclare-t-il. En rentrant chez lui, le ministre se signe devant son portrait de l’ancien président de la République, la larme à l’œil. Cette fois, François Hollande, épuisé par son collaborateur, ne prend pas la peine d’appeler.

Vendredi 21 septembre 2012 : kippa ci, kippa ça

Parce qu’une semaine de polémiques ne serait rien sans une intervention de Marine Le Pen, la présidente du Front national réclame l’interdiction du port de la kippa et du voile dans les lieux publics. S’il s’oppose à cette demande, François Hollande refuse d’entrer dans la polémique. « Elle n’en vaut pas la peine », explique-t-il à un Nicolas Sarkozy qui, s’il avait été aux affaires, se serait jeté sur l’occasion pour combattre. « Tu manques de hargne », déplore l’ancien président. Le chef d’Etat entend bien ces critiques. Il refuse de l’admettre mais le job – autant que la recherche d’emploi de sa compagne – l’épuise. « Tu sais Nico, je crois qu’en 2017, je laisse la place à Fillon », finit-il par lâcher. Une possibilité qui ravit Nicolas Sarkozy, dont l’envie de revenir à l’Elysée reste très forte.

Dans le même temps, Vincent Peillon envoie un mail à François Hollande. « Vous avez vu monsieur le Président, j’ai annoncé le retour de l’histoire-géo en terminale S et le recrutement de 40 000 professeurs, hier. Deux bonnes nouvelles ! », écrit-il avec enthousiasme. « C’est vrai. Par contre, on n’a pas le budget pour les 40 000. Qui va donner les cours d’histoire du coup ? Je dois te féliciter parce que tu nous as encore mis dans le pétrin ou bien ça ira comme ça ? », lui répond François Hollande.

Heureusement, ce vendredi marque – en plus de l’arrivée de l’automne – la sortie de l’iPhone 5. Sur les conseils de son prédécesseur, François Hollande a envoyé ses hommes aux quatre coins de la capitale afin qu’on lui fournisse le précieux smartphone dans les plus brefs délais. Mais le Président connaît ses équipes et s’inquiète : « Tu vas voir qu’ils sont foutus de me ramener un Samsung… »

 

François Hollande aura-t-il son iPhone ? Chalie Hebdo va-t-il caricaturer Bouddha ? Apprendre l’histoire-géo en terminale permettra-t-il à un lycéen de se rappeler de la date d’anniversaire de sa copine ? Seul Grollande Hebdo détient les réponses… et bien plus encore !

REVIVEZ LES AVENTURES DE FRANCOIS HOLLANDE AVEC GROLLANDE :

- Grollande Hebdo n°1

- Grollande Hebdo n°2

- Grollande Hebdo n°3

- Grollande Hebdo n°4

- Grollande Hebdo n°5

- Grollande Hebdo n°6

- Grollande Hebdo n°7

- Grollande Hebdo n°8

- Grollande Hebdo n°9

- Grollande Hebdo n°10

- Grollande Hebdo n°11

- Grollande Hebdo n°12

- Grollande Hebdo n°13

- Grollande Hebdo n°14

- Grollande Hebdo n°15

- Grollande Hebdo n°16

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- Dossier : pourquoi le vote des étrangers fait-il si peur ?

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