Politique fiction – La cote de popularité de l’exécutif est au plus bas et ce n’est pas l’annonce de la rigueur qui risque d’améliorer la situation. Comble de l’horreur, la gauche défend le traité européen initié sous Nicolas Sarkozy qui a toujours la faveur des sondages. Une bonne nouvelle toutefois : … Ah ben non. Rien en fait.
Samedi 29 / Dimanche 30 septembre 2012 : besoins primaires
Il n’y en a que pour Jean-Louis Borloo en cette fin de semaine. En fondant l’UDI, l’ancien ministre a réussi son coup et se pose désormais en leader du centre. Une situation qui ne plaît guère à François Bayrou. Le président du MoDem appelle François Hollande :
« Allô François, c’est François !
– On me l’a déjà faite celle-là
– Ecoute, Jean-Louis Borloo est en train de me piquer le centre !
– Et ?
– Je propose qu’on s’allie
– Pour ?
– Pour être plus fort
– Tu n’as pas d’élus, pas de militants, pas de réseau… Tu proposes quoi ? »
François Bayrou raccroche sans répondre.
Dans le même temps, une journaliste se fait traiter de « Trierweiler de seconde zone » par Steeve Briois du Front national. En cause, un tweet (encore un!) dénigrant Marine Le Pen. En apprenant la nouvelle, la compagne du président de la République se réjouit :
« Tu as vu mon choubidou ? Le Front national reconnaît ma valeur
– Je ne suis pas sûr qu’il faille le prendre comme ça
– ‘Trierweiler de seconde zone ’, c’est écrit ! Ça prouve qu’il n’y a qu’une seule Valérie !
- Ça c’est vrai, des comme toi, il n’y en a pas… »
Lundi 1er octobre 2012 : le budget fait un tabac
C’est aujourd’hui que Jérôme Cahuzac présente le budget pour l’année 2013. Au programme : rigueur et austérité :
« Oh Jéjé, tu déconnes là ! C’est sec comme un coup de trique ton machin-là. Si c’était pour faire ça, on pouvait laisser l’UMP, hein
– Mais c’est la crise !
– Tu vas me rajouter quelques mesures de gauche. Au moins une quoi…
– Ben j’en sais rien
– Bon, t’es nul. Embauche des fonctionnaires
– Mais c’est la crise !
– Moi, président de la République, je t’ordonne d’embaucher des fonctionnaires
– Mais…
– J’ai dit ‘moi, président de la République’, donc si tu ne le fais pas, t’as perdu
– Perdu quoi ?
– Je sais pas. Ton job, par exemple »
François Hollande reçoit dans la foulée un coup de téléphone de son ami corrézien, Jacques Chirac :
« D’abord tu augmentes la taxe sur la bière et ensuite tu augmentes le prix des clopes. Dis-moi François, je t’ai fait quelque chose ? Tu m’en veux ?
– Mais non Jacques, mais il faut bien trouver des moyens de combler les déficits
- Tant que tu touches pas à la tête de veau… »
Mardi 2 octobre 2012 : Echirolles
François Hollande se rend à Echirolles, ville où deux adolescents ont perdu la vie à la suite d’un lynchage. On a connu activité plus amusante.
Lessivé après une journée cauchemardesque, François Hollande passe voir Nicolas Sarkozy :
« Nico, si t’avais vu ça… Si j’étais pas un bonhomme, j’en pleurerais
– Ben verse ta larmichette, on est entre nous »
Alors qu’il s’exécute, le président de la République retrouve (un peu) le sourire. Son prédécesseur lui tend le prochain numéro du Monde dans lequel Daniel Cohn-Bendit et José Bové publient une tribune sur la base du « moi, président de la République » :
« C’est ce qu’ils auraient prononcé comme discours pro-européen s’ils avaient été président de la République… Ils doutent de rien quand même !
– T’es dur Nico. Ils font de leur mieux les mecs. C’est dur d’être écolo, tu sais
– C’est surtout dur de devoir les supporter »
Mercredi 3 octobre 2012 : everybody hates Valoche
Requinqué par l’apéro musclé ingurgité chez les Sarkozy la veille, François Hollande regagne son bureau avec la ferme intention de réduire le coût du travail. « Mais si l’on baisse les charges patronales, on va favoriser les patrons », s’indigne Michel Sapin. « Laisse-moi faire. Nico m’a ouvert les yeux hier soir. Il faut aider les patrons », lui rétorque le Président, sûr de son fait.
De bonne humeur, le chef de l’Etat est toutefois rapidement calmé par sa compagne. Valérie Trierweiler, qui s’est excusé dans Ouest France pour l’affaire du tweet et qui a renoncé à présenter une émission de télévision sur D8, pâtit toujours de sondages lamentables :
« Pourquoi les Français ne m’aiment-ils pas !?
– Donne-leur du temps pour apprendre à te connaître. Moi il m’a fallu plusieurs mois avant de pouvoir te supporter
– Pardon ?
– Je disais qu’il m’avait fallu plusieurs mois pour me rendre compte de la femme merveilleuse que tu es
– PARDON ?
– Et si on allait faire un tour chez Cartier ? »
Jeudi 4 octobre 2012 : tous polygames
Après Marine Le Pen et le cardinal Barbarin, un autre grand penseur lie le mariage homosexuel à la polygamie. François Lebel, maire UMP du VIIIème arrondissement de Paris, a tapé fort et fait douter le président de la République. Ce dernier effectue une recherche google « les homosexuel sont-ils tous polygames ? » Aucune réponse ne lui permet d’élucider le mystère. Tenté d’appeler ses collègues socialistes homosexuels, François Hollande se ravise. Comme dit Tommy Lee Jones dans Men In Black 3 : « Ne pose pas de questions dont tu ne veux pas connaître la réponse ».
Pendant que la gauche se débat avec ses réformes, la droite poursuit sa lutte face à l’ombre de Nicolas Sarkozy. C’est au tour de Jean-Pierre Raffarin de refuser le retour de l’ancien champion de la droite. François Hollande se saisit de son smartphone : « Hey, la hype est retombée ! L’UMP ne veut plus de toi ! LOL ». La réponse ne se fait pas attendre : « Personne ne veut de Raffarin et ça fait dix ans qu’il est là. J’ai de la marge MDR ».
Vendredi 5 octobre 2012 : mal aux cotes
Cette veille de week-end démarre par une bonne nouvelle. Selon un sondage, 55% des Français ne regrettent pas la présidence Sarkozy. Un chiffre que François Hollande et Nicolas Sarkozy découvrent alors qu’ils petit-déjeunent ensemble :
« Hey, 55% ça fait plus que la moitié des Français qui ne t’aiment pas ça !
– Ça nous fera un point commun alors »
C’est d’ailleurs après avoir consulté son ami que le Président décide de repousser les élections régionales et cantonales à 2015. « Tu vois François, si tu perds les cantonales, les régionales, les sénatoriales, les européennes et les municipales en même temps, ça risque de mettre un sacré coup à ta politique. Alors que si tu étales les défaites, tu as encore une chance de passer à travers les gouttes ». Le chef de l’Etat s’indigne : « Qu’est-ce-qui te permet de dire que nous allons perdre !? ». L’ancien maire de Neuilly sirote son café et après un blanc de quelques secondes : « Et toi, qu’est-ce-qui te fait penser que vous allez gagner ? »
François Hollande va-t-il reprendre du poil de la bête ? Le couple présidentiel va-t-il devenir populaire ? Nicolas Sarkozy est-il le prochain président de la République ? Des millions de questions, toujours une seule réponse : les prochains numéros de Grollande Hebdo !
A LIRE AUSSI SUR MENLY.FR :
- Grollande Hebdo n°17 (numéros précédents en liens dans cet article)

