Campagne 2012 : un « sale mec » si loin du quotidien des Français

PAR Laurent Lepsch, le 05/01/2012 à 11:53

Campagne 2012 : un sale mec si loin du quotidien des Français

Un simple « sale mec » jeté en pâture à la presse, et voilà que la machine médiatique s’emballe et que la boîte de Pandore s’ouvre à nouveau. La polémique enfle, les donneurs de leçons sortent du bois, les scuds sont tirés sans sommation : le spectacle donné est pitoyable !

Il n’aura ainsi fallu que cette petite familiarité supposément sortie de la bouche de François Hollande  devant quelques journalistes en se mettant quelques minutes dans la peau de Nicolas Sarkozy, pour que la droite s’empare de « l’affaire » de façon inconsidérée, surréaliste.

Il fallait donc voir hier, l’UMP, soudée comme un seul homme, drapée dans sa dignité, manifestement outragée devant ces propos de Hollande, jugés indignes de la part d’un candidat briguant les plus hautes fonctions de l’état. On demandait réparation, des excuses publiques, on s’indignait devant ce dérapage, ce déshonneur fait au président de la République. Nadine Morano – qualifiée par certains de pitbull officiel de Nicolas Sarkozy -, montait au créneau, courroucée, presque choquée.

Bref, du grand n’importe quoi – ces réactions sans aucune mesure, notons-le, eurent probablement été identiques si ce fut la gauche qui s’était sentie attaquée de la sorte – qui agite depuis les exégètes, l’intelligentsia et les médias de notre pays, mais dont sans doute la grande majorité des Français se fout totalement !

Le peuple – les vrais gens, quoi -, fatigué de voir ces peccadilles montées en épingle, autrement plus intéressé et inquiet de savoir comment et avec qui son quotidien pourrait être meilleur à partir de mai prochain ; et en tout cas  beaucoup moins stupide que ce que la France d’en haut semble hélas toujours croire.

Car enfin, plus personne n’ignore encore que les personnalités politiques, tous partis confondus, passent une partie de leur temps – parfois à destination de leur propre camp – à s’écharper et à se traiter de noms d’oiseaux, dans des termes autrement plus verts qu’un simple « sale mec ». Même si – paradoxe – les Français ne veulent manifestement pas l’entendre. Qui ne sait pas non plus que pour arriver en haut de cette pyramide du pouvoir, il faille forcément trahir un jour ou l’autre, que ce n’est qu’une question de temps. Qu’en vérité en politique aussi, il n’y a pas de principe, seulement des événements. Et les circonstances auxquelles ils se rattachent.

Les Français savent tout ça, ils ne sont plus dupes de rien mais vont devoir continuer à assister impuissants à une campagne présidentielle qui semble bien engagée pour ne pas voler très haut, bien que ses acteurs soient eux, manifestement perchés.

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