Le Baiser Mortel du Dragueur : séduire en boîte

PAR Emmanuel Bocquet, le 02/08/2012 à 11:25

Le Baiser Mortel du Dragueur : séduire en boîte

Ou comment l’oiseau de nuit chasse sa proie… avant de se faire plumer !

C’est ce qu’on appelle la poisse. La scoumoune, le mauvais œil. Une peau de banane dans la rue ? Elle est pour moi. La mauvaise file au supermarché ? J’y vais tout droit. Appelez-ça comme vous voulez, la vérité c’est que je fais partie de cette catégorie de personnes qui ne sont pas nées sous une bonne étoile. Évidemment, cet atavisme s’étend à tous les domaines de ma vie, y compris celui des relations humaines et en particulier celles avec les femmes.

A ce niveau-là, je crois que j’ai tout fait : la bimbo écervelée, la névrosée suicidaire, la femme mariée et même la comédienne accroc à la coke. Une galerie de clichés que je traîne comme un boulet, en plus d’une situation financière préoccupante depuis que je me suis fait virer parce que ma tête ne revenait pas au patron. Bref, tout ça pour dire que si les « J.O de la lose » existaient, j’aurais une belle collection de médailles d’or autour du cou. Ça, c’était pour vous planter le décor.

Pour illustrer mon propos, je vais vous raconter une anecdote qui m’est arrivée le week-end dernier. Comme ma VDM a eu l’élégance et la grande bonté de me laisser quelques amis, j’étais invité en Corse chez un couple de potes début juillet. Petite maison avec piscine à quelques kilomètres de Porto-Vecchio, barbecues dans le jardin, parties de pétanque bien arrosées, soleil et sable chaud bref, un programme de vacances tout ce qu’il y a de plus réjouissant.

Le deuxième soir, d’autres amis nous ont rejoints et après un dîner placé sous le signe du rosé, nous décidons d’aller faire un tour à la Via Notte, la boîte nuit corse la plus huppée. Je ne suis pas fan des discothèques, mais j’aime bien Martin Solveig et c’était lui qui mixait ce soir-là. Nous voilà donc partis pour une virée régressive entre trentenaires à la recherche de leur glorieuse jeunesse. Je n’en attendais pas plus de cette soirée et ça m’allait très bien comme ça.

Sauf que le destin a le don de s’en mêler toujours au moment où on l’attend le moins. Sur les coups de trois heures du matin – autant que je m’en souvienne – l’envie me prend de boire un verre. Je me prépare alors à me frayer un chemin à travers la foule comme si j’allais attaquer l’Everest par la face Nord et parviens enfin à rejoindre le bar au bout de trois bonnes minutes de lutte acharnée. Mais alors que je m’efforce d’attirer l’attention d’une des barmen débordés qui s’affairent entre les seaux à champagne et les bouteilles de vodka, je sens une présence se glisser dans mon dos. Une présence qui se matérialise aussitôt sous les traits d’une magnifique brune.

Au bout d’une bonne minute d’attente commune, elle se tourne alors vers moi, me dévisage un instant puis me lance sur un air de défi : « Je vous parie que j’arrive à me faire servir avant vous. » Surpris mais désinhibé par le torrent d’alcool qui coule dans mes veines, je lui rétorque du tac-au-tac : « Tenu ! » Inutile de préciser qu’avec son décolleté vertigineux et ses grands yeux verts, je n’ai pas fait le poids. Élégante dans la victoire, elle a pris la commande pour nous deux et on s’est installés quelques mètres plus loin pour faire connaissance.

Une heure plus tard, mes amis me retrouvent sur une banquette, la demoiselle sur les genoux, en pleine séance linguistique avancée. Ils viennent m’annoncer qu’ils partent et que si je veux rentrer avec eux, c’est maintenant. Je m’entends encore leur répondre, avec un clin d’oeil entendu : « Ca ira, je ne dormirai pas à la maison ce soir… » Je le sais car la brune-aux-yeux-verts-dont-je-ne-connais-même-pas-le-prénom m’a dit tout à l’heure qu’elle avait un appart’ dans le centre de « Porto Vecch’ ».

La dernière chose dont je me souviens, c’est le parking. Quand je me suis réveillé, j’étais sur un lit d’hôpital. C’est là qu’on m’a raconté que la brune aux yeux verts était un « appât », que j’avais été agressé et retrouvé inconscient sur le parking de la boîte. Inconscient et délesté de mon portefeuille, ma carte bleue, ma Tag Heuer Aquaracer et mon iPhone tout neuf. C’est depuis ce lit d’hôpital que j’écris ces quelques lignes sur mon ordinateur et croyez-moi, avec une seule main (l’autre est plâtrée), ça prend du temps. Un chat noir, je vous dis…

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