
Le porno à papa, c’est ter-mi-né ! De nos jours, rien ne vaut un bon gonzo bien crade.
Là où jadis Brigitte Lahaie frissonnait sous la tendre caresse d’un jeune jardinier bien bâti, les nouvelles stars du X se font pénétrer par tous les orifices avec la délicatesse d’un bulldozer, gifler, cracher dessus, étouffer avant de se faire inonder de semence blanchâtre. Chacun son style. Autre temps, autres moeurs, comme dirait l’autre… Reste que le constat est sans équivoque : depuis 10 ans le porno est passé à une étape supérieure.
Deepthroat, DP, bukkake, squirt, dirty talk, ass to mouth… Aujourd’hui, n’importe quel gamin de 12 ans connaît la définition de tous ces termes barbares. Si on veut voir le bon côté des choses, on peut toujours se dire que c’est bon pour l’apprentissage de l’anglais, tout ça. Mais le vrai constat, c’est que depuis une dizaine d’années, le porno est sorti du placard. Et que cette démocratisation s’est accompagnée d’un durcissement (sans mauvais jeu de mots) notable des pratiques.
Plus trash le porno d’aujourd’hui ? Sans aucun doute. Reste à savoir pourquoi…
1) Banalisation
Durant la dernière décennie, la société dans son ensemble s’est développée en suivant un processus totalement schizo : le lobbying des associations (féministes notamment) a poussé vers plus de puritanisme : il n’y a qu’à voir le nombre d’affiches de films, de pochettes d’albums ou de pubs censurées ces dernières années. Mais dans le même temps, le porno s’est insinué de façon pernicieuse dans la vie quotidienne. Le porno chic – dont l’industrie du luxe s’est emparée avec gourmandise à des fins publicitaires pour casser son image désuète – et les rappeurs dont l’univers est proche de l’imagerie du X, ont sorti le porno du ghetto. En un mot comme en cent, la société s’est « pornisée »
La banalisation du porno est aussi la résultante de l’arrivée des différents « Tubes » qui pullulent aujourd’hui sur le net. Un ordinateur ou un téléphone, un accès web, et vous trouvez du porno en moins de 10 secondes. Une facilité d’accès qui a mécaniquement ouvert les portes du hard au plus grand nombre. Et en corollaire, mondialisé le genre.
Du coup, la jeune génération s’est appropriée ses codes et ses pratiques et ont transposées dans leur propre sexualité ce qu’ils voient sur Youporn, Porntube ou XHamster. Un mimétisme qui mène parfois à de tragiques dérives, même si aucun lien direct n’a jamais été établi entre la consommation de porno et les viols ou meurtres à caractère sexuel. Mais les clichés ont la vie dure et le théorème pornographie = déviance = crime resurgit cycliquement.
2) Prolifération & diversification
Si certaines pratiques comme le SM sont ancestrales, d’autres ont été « inventées » ces dernières années. Et pas des plus délicates : gifles sur les fesses, les seins ou le visage, crachats, étranglements etc. La bestialité de certaines images est telle qu’on se demande parfois si la violence est vraiment consentie… ou pas. Les amateurs vous répondront que c’est ce qui en fait tout le charme. Reste que voir un homme sodomiser sans ménagement une fille à peine majeure en lui maintenant le visage collé au parquet avec le pied tout en lui rougissant les fesses à grand renfort de claques énergiques a de quoi décontenancer.
Mais visiblement, il y a un marché pour tout. Pour séduire de plus en plus d’adeptes et contenter les plus blasés, l’industrie du X s’est évertuée à repousser les limites du sexuellement correct. Fan de soumission ? Fétichiste des pieds ? Amateur de gang bang musclé ? En deux clics, vous trouvez tout ce que vous voulez. La course à la surenchère offre un éventail de spécialités presque sans limites. Evidemment, plus on en consomme et plus il en faut. Le porno est une drogue dure. Et comme pour toute drogue, arrive un moment où il faut augmenter la dose car cela fait moins d’effet.
Signe des temps : même les filles se mettent à mater du X. Les sites destinés au public féminin se multiplient. Dans la majeure partie des cas, cette nouvelle cible a des goûts nettement moins hardcores que ceux des mecs. Mais on est déjà loin du téléfilm érotique du dimanche soir sur M6 (les draps des plus anciens s’en souvient encore). Là aussi, l’évolution est frappante et participe d’un phénomène plus global.
3) Starification
Aujourd’hui, les hardeuses sont de véritables stars. Et celles qui tiennent le haut du pavé sont aussi celles qui vont le plus loin dans la perversion. Et qui assument la violence et l’humiliation de certaines scènes sans sourciller. « Je n’ai pas du tout l’impression de porter atteinte à l’image de la femme, explique Belladonna, réputée pour ses performances « intenses ». L’humiliation et une certaine bestialité me donnent du plaisir et excitent le spectateur. Je ne vois pas où est le mal là-dedans. Et puis c’est aussi une façon de tester les limites de son corps. »
Poussées par le désir de percer dans un milieu où les candidates sont de plus en plus nombreuses et de moins en moins farouches, les actrices vont donc toujours plus loin dans le gore, donnant ainsi l’image de filles toujours plus soumises. Certains y verront la dépravation galopante d’une civilisation en perte de repères. Et la porte ouverte à toutes les dérives : pédophilie, zoophilie, viols etc. D’autres un défouloir et une façon de vivre une sexualité sans tabou et jusqu’au-boutiste. Le porno touchera-t-il un jour ses limites ? Pas certain tant l’imagination et les fantasmes de certains sont de plus en plus élaborés…
« Toujours plus loin, toujours plus haut, toujours plus fort« . La devise de Coubertin sied finalement aussi bien au porno qu’aux Jeux Olympiques…
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