Dépendance et espérance de vie : Les Français vivent plus vieux mais en moins bonne santé

PAR Cathy Pinte, le 19/04/2012 à 11:49

Dépendance et espérance de vie : Les Français vivent plus vieux mais en moins bonne santé

Bonne nouvelle, les Français vivent plus longtemps… Mais revers de la médaille, si on vit plus vieux, les problèmes de santé surviennent plus jeune. Le temps gagné en espérance de vie se transforme ainsi en années de galère à cause d’une mauvaise santé.

La France se trouve dans une situation paradoxale. Elle est le premier pays d’Europe en termes d’espérance de vie des femmes (85,3 ans en 2010), mais reste un des pays les moins bien classés sur l’échelle du bien-vieillir

Jusqu’ici, pour sonder l’état de santé d’une population, on ne se basait que sur le taux de mortalité. Mais une nouvelle enquête de l‘Institut National des études démographique (Ined), dont les résultats sont rendus publics jeudi 19 avril prend en compte, pour la première fois, de nouvelles données.

Lancée en 2008, cette grande étude a été menée dans 27 pays de l’Union européenne pour mesurer l’espérance de vie sans incapacité, c’est-à-dire sans se sentir trop diminué dans la vie quotidienne, le travail ou les déplacements.

Les résultats montrent qu’en France, l’espérance de vie sans incapacité est de 63,5 ans, ce qui nous positionne en dixième position en Europe, derrière Malte (71,6 ans), la Suède, la Grèce ou la Bulgarie (qui a pourtant l’une des espérances de vie les plus courtes d’Europe).

Les Françaises vivent donc en moyenne 75% de leur vie en bonne santé contre 85% chez les Suédoises.

Les Français ont une espérance de vie de 78,2 ans en moyenne, ce qui les place  en huitième position en Europe, après la Suède et l’Espagne. Ils vivent en bonne santé en moyenne 79,1% de leur vie soit jusqu’à 61,9 ans.

Les différences entre pays peuvent s’expliquer par le niveau culturel qui influence sur l’âge d’entrée dans la dépendance. En effet, d’après l’Ined, plus on est éduqué, plus la perte d’autonomie est tardive.

De plus, la prévention des maladies cardio-vasculaires, la promotion de l’activité physique tout au long de la vie, une alimentation de qualité et le maintien des activités sociales jouent un rôle majeur dans le recul de la dépendance.

Quoi qu’il en soit, on constate partout en Europe que plus l’espérance de vie augmente, plus les personnes âgées souffrent de problèmes de santé et de perte d’autonomie.

Mais les résultats restent subjectifs, car dans tous les pays la question posée était la suivante : « Dans quelle mesure avez-vous été limité(e) depuis au moins six mois, à cause d’un problème de santé dans les activités que font les gens habituellement ? ». Or la perception de l’incapacité peut être très différente selon les cultures

En pleine période électorale, cette enquête a au moins le mérite de replacer la perte d’autonomie dans le débat. Alors que l’objectif européen est d‘augmenter l’espérance de vie de deux ans d’ici 2020, les chercheurs interpellent les autorités pour améliorer la qualité de vie des personnes âgées. Une thématique oubliée par les candidats à l’élection présidentielle alors que le nombre de personnes dépendantes devrait doubler d’ici 2060, passant de 1,15 millions à 2,3 millions de personnes.

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