Législatives : pourquoi les accords électoraux ruinent l’intérêt du scrutin

PAR Rédaction Menly, le 15/06/2012 à 16:39

Législatives : pourquoi les accords électoraux ruinent lintérêt du scrutin

Les élections législatives donnent lieu à des arrangements entre les partis et au sein-même des formations politiques. Résultat : la tambouille politicienne n’intéresse pas les électeurs qui désertent les isoloirs.

Chaque campagne législative réserve le même scénario, plus ou moins dramatique selon qui en sont les acteurs. Le Parti socialiste et l’UMP négocient en amont avec leurs alliés l’attribution de circonscriptions, les pactes de non-agression entre les candidats, les désistements d’entre-deux tours et les soutiens. En échange, les partis moins importants se rallient aux deux monstres de la politique française pour la présidentielle et jurent fidélité aux grands frères pour la prochaine législature.

Ces négociations, éloignées des préoccupations des électeurs dessinent avant même la désignation des candidats la composition de l’Assemblée nationale. Le PS protège les Verts qui se retrouvent en position d’obtenir un groupe parlementaire (15 députés minimum). Le Parti radical de gauche, trop petit, s’assure quelques élus et suivra la ligne socialiste tandis que le Front de gauche, en échange d’un soutien – Jean-Luc Mélenchon a promis de ne jamais mettre le gouvernement en minorité –, s’est assuré quelques sièges. En face, l’UMP laisse au Nouveau Centre de quoi former un groupe et les petites formations (Parti radical, Gauche moderne, Parti chrétien-démocrate) viennent se joindre à la fête. Personne n’est encore candidat que l’affaire est déjà pliée.

Les investitures

Deuxième acte, le choix des candidats. Et, en plus des calculs politiciens, entrent en scène la gestion des égos. La refonte de la carte électorale a donné lieu à une multitude de polémiques au moment des investitures. La droite a dû, entre autres, gérer les cas Fillon/Dati et Debré/Kuster dans les 2ème et 4ème circonscriptions de Paris. Plus qu’un cas difficile, c’est un véritable mélodrame dont la gauche a dû (et doit toujours) s’occuper avec l’affaire Royal/Falorni à laquelle Valérie Trierweiler est venue se mêler.

La préparation des législatives accouche également de son lot de parachutages. Jean-Luc Mélenchon dans le Nord Pas-de-Calais, Jack Lang dans les Vosges, François Fillon à Paris, Ségolène Royal à La Rochelle (la socialiste étant présidente de la région, il s’agit donc d’un demi-parachutage) et Marion Le Pen dans le Vaucluse en sont les parfaits exemples. L’ancrage local, a priori indispensable pour un tel scrutin, est sacrifié sur l’autel des ambitions des responsables politiques.

Les désistements

Troisième et dernier acte de la comédie politique, l’entre-deux tours. Les candidats les moins bien placés – de droite comme de gauche – se désistent au profit de celui qui bénéficie de la meilleure chance de l’emporter. Le PS a mis en place «le front républicain» pour faire battre les candidats du Front national présents au second tour tandis que le FN a édité une liste noire de candidats de droite et de gauche à faire battre.

Lorsque le second tour oppose deux personnalités aux orientations sensiblement similaires, le désistement de l’un des deux candidats donne alors lieu à un second tour à un seul candidat, assuré d’être élu avec 100% des voix. Ils seront quinze à être dans cette position, dimanche prochain. Quatorze cas concernent la gauche et principalement les duels Front de gauche/PS. A droite, l’affrontement Bernard Debré (UMP)/Brigitte Kuster (UMP dissidente) n’aura pas lieu, cette dernière ayant préféré se retirer. Les électeurs se sont déplacés mais les partis n’en tiennent pas compte.

En 2012, la recette des élections législatives a été parfaitement respectée. Accords partisans, candidats imposés et dénis de vote donneront une mixture au fort goût d’abstention. Après le 17 juin, la classe politique aura deux ans pour revoir sa copie et réussir à inciter les électeurs à se déplacer. En 2014, municipales, territoriales et européennes seront au menu. Gare à l’indigestion.

A LIRE AUSSI SUR MENLY.FR :

- L’actualité politique sur Menly.fr

- Ségolène Royal, poil à gratter du Parti socialiste

F Partager sur Facebook T Partager sur Twitter Ajouter un commentaire Envoyer par mail S'abonner au flux rss
AJOUTER UN COMMENTAIRE