Grollande Hebdo n°5 : retour sur la semaine « diplomatwitte » de François Hollande

PAR Rédaction Menly, le 16/06/2012 à 11:02

Grollande Hebdo n°5 : retour sur la semaine diplomatwitte de François Hollande

Semaine difficile pour François Hollande, qui malgré lui, s’est retrouvé au coeur d’un « twittage de chignon ». Retour sur le tweet de sa campagne, Valérie Trierweiler, (car il faut bien le dire, la politique, la vraie, est passée complètement inaperçue ces sept derniers jours).

Politique fiction - L’affaire du tweet de Valérie Trierweiler a totalement occulté le reste de l’actualité de la semaine. L’Allemagne, l’Afghanistan, la Grèce et les législatives ne sont que bien peu de choses face au mélodrame qui se joue à l’Elysée.

Samedi 9/Dimanche 10 juin 2012 : la faute

Le week-end du Président est marqué par le premier tour des législatives. Captivé par les rencontres Italie-Espagne et Irlande-Croatie, François Hollande ne prête guère d’attention aux résultats pourtant favorables à son camp. L’annonce du score de Ségolène Royal, qui ne dispose que d’une faible avance sur Olivier Falorni va tout changer. Le président de la République décroche son téléphone :
«Allô Ségolène, c’est François
- François qui ?
- Hollande, le président de la République
- ‘Connais pas
- Je veux juste t’assurer de mon soutien. Le parti, le gouvernement et moi-même sommes derrière toi
- Merci François
- Allez, gros bisous»
Valérie Trierweiler, qui assiste à ce coup de téléphone, voit rouge. Première erreur. C’est le début des ennuis…

Lundi 11 juin 2012 : passe-moi le savon

En ce lendemain de premier tour, Olivier Falorni fait entendre sa voix et se plaint ouvertement du manque de reconnaissance de François Hollande, qu’il a toujours soutenu. Sérieusement échaudé par le comportement du dissident – et par celui de sa compagne qui ne lui adresse plus la parole depuis la veille -, le président de la République lance Skype sur son ordinateur et contacte « Bogoss2LaRochelle » (Olivier Falorni) pour une conversation par webcams interposées :
«Dis-moi Olivier, tu sais ce que j’ai appris ce week-end ?
- Non, François
- Que quatre de nos soldats avaient perdu la vie en Afghanistan
- Oui, j’ai vu. Mais pourquoi tu me parles de ça ?
- Pour que tu comprennes que moi, président de la République, je n’ai que faire de tes pleurnicheries
- Mais François, je t’ai toujours soutenu ! Et tu avais dit qu’ensemble, tout deviendrait possible !
- Non, ça n’est pas de moi ça»
François Hollande ferme rageusement la fenêtre de conversation et prévient Ségolène Royal qu’il s’est expliqué avec Olivier Falorni. La socialiste s’en vante dans les médias. Deuxième erreur…

Mardi 12 juin 2012 : le drame

Ce mardi matin, l’ambiance est électrique. Valérie Trierweiler, remontée à bloc, pénètre , rouge de colère, dans le bureau de François Hollande. «Comment !? Qu’est-ce-que j’apprends !? Tu soutiens encore cette Ségolène ! Je te préviens : si tu me quittes je pars avec la moitié de tes biens. Je prends le Sud, Paris et les Collectivités d’Outre-mer ! Tu peux te garder la Corrèze et le Larzac», hurle-t-elle. François Hollande marque un temps d’arrêt puis se reprend. «Tu sais, je ne possède pas la France hein. J’en suis juste le Président», lui répond-il calmement. Valérie Trierweiler n’a pas le temps de répondre que François Hollande s’emporte soudain : «Maintenant, fous-moi la paix ! Je suis pas là pour satisfaire tes caprices !» Un accès de colère qui surprend sa compagne. Celle-ci quitte le bureau, jurant de se venger.

Alors que les réactions négatives pleuvent, François Hollande a besoin du réconfort que seul un ami pourra lui apporter. Le Président décide donc d’appeler Nicolas Sarkozy et de lui raconter ses malheurs. Son prédécesseur lui conseille de mieux tenir sa compagne en commençant par l’obliger à fermer son compte Twitter. «Ça sera un bon début pour la museler», lui explique-t-il. Se sentant rassuré, François Hollande invite Nicolas Sarkozy à l’hommage qui sera rendu aux soldats tués en Afghanistan. «Je vais me sentir tout seul si tu viens pas», tente-t-il de justifier. Bien qu’il hésite, Nicolas Sarkozy accepte. Son ami a besoin de lui.

Mercredi 13 juin 2012 : leave Ségolène alone

L’affaire Trierweiler envahit les médias et chacun y va de son commentaire. Le premier ministre Jean-Marc Ayrault invite poliment la première Dame à se taire. Pendant ce temps, Ségolène Royal, meurtrie, refuse que Delphine Batho et Najat Vallaud-Belkacem – ses deux anciennes protégées – viennent lui prêter main forte à La Rochelle. «C’est un combat que je dois mener seule. Pour survivre à la guerre, il faut devenir la guerre», leur répond-elle. Delphine Batho reconnaît là une citation du film Rambo II mais, par respect pour celle qui l’a lancée, préfère ne faire aucun commentaire.

François Hollande réunit ses troupes. L’heure est grave, il faut trouver un moyen de détourner l’attention de l’affaire du tweet. Un communicant semble avoir une idée : «Faisons une annonce politique forte». Le Président valide. Las, si, dans la théorie, le projet semblait intéressant, dans la pratique, il ne produira pas l’effet escompté. En fin de journée, François Hollande vient se tenir au courant des avancées réalisées :
«On parle toujours du tweet. Je croyais que vous deviez faire des annonces
- C’est ce qu’on a fait ! Proteste un membre de son équipe
- Lesquelles ?
- La possible arrivée de Robert Hue au gouvernement et les prises de position de Laurent Fabius sur le Syrie !
- Un communiste et un ministre qui dort pendant les sommets internationaux ? Mais tout le monde s’en fout de ça ! Même moi, je m’en fous ! Et pourtant, c’est mon boulot de m’y intéresser. Vous êtes des nuls les gars. De gros nuls. On dirait la com’ de Sarko en pire»

Herman Van Rompuy, décide de s’entretenir avec Barack Obama et François Hollande à propos de la crise de l’euro. Alors qu’ils viennent tout juste de raccrocher, le Président reçoit un message du président de l’UE : «Au fait, désolé pour votre femme». Quelques minutes plus tard, Barack Obama adresse un inbox via Facebook au président socialiste (en français dans le texte, ndlr). «J’ai entendu parler des exploits de ta femme. Les French ladies sont décidément intenables. Courage, my man

Jeudi 14 juin 2012 : l’amour, c’est mieux à deux. A trois, ça se complique

François Hollande parti pour Rome, Valérie Trierweiler se retrouve seule à l’Elysée. Tapotant nerveusement sur l’écran de son iPhone, la première Dame s’apprête à tweeter : «Trop le seum ! Mon mec est un mufle !» mais se ravise. Elle préfère finalement occuper son esprit avec un peu de télévision. C’est justement l’heure des Feux de l’Amour. Dans l’épisode du jour, Brandon est en couple avec Brenda mais est toujours amoureux de son ex, Brenna… Valérie Trierweiler va finalement lire un bon livre. Elle est justement en pleine lecture d’un roman d’amour mettant en scène un trio amoureux qui… Finalement, Valérie Trierweiler fera une sieste.

Pendant ce temps, Jean-Marc Ayrault se sent pousser des ailes et exhorte Angela Merkel à montrer un peu plus de respect à la France. La chancelière allemande appelle immédiatement François Hollande :
«François, dis à ton ministre que la prochaine fois qu’il viendra traîner ses guêtres du côté de Berlin, on lui servira une choucroute périmée !
- Ouais, ouais…
- Oh François, je sais que ta femme te gonfle mais courage mon vieux, c’est pas la fin du monde !»
En conférence de presse avec Mario Monti, le Président refuse de répondre à une question concernant l’affaire du tweet. Une fois loin des journalistes, le président du Conseil italien pose gentiment sa main sur l’épaule de François Hollande et lui dit d’un air compatissant : «Tu sais François, la seule femme qui ne nous veut que du bien, c’est la mamma, les autres ça compte pas ! Allez, courage»

Homme de consensus, François Hollande rentre chez lui et vient retrouver sa compagne dans le lit conjugal. «Je t’aime Ség… Valérie», lui glisse-t-il à l’oreille.

Vendredi 15 juin 2012 : merci Nadine !

L’affaire Trierweiler est enfin mise de côté par les médias. Nadine Morano, piégée par Gérald Dahan imitant Louis Alliot, complimente Marine Le Pen. Résultat : tout le monde en parle. Enfin les affaires de couple du Président sont relégués au second plan. «On aurait voulu faire diversion qu’on ne s’y serait pris autrement», est-il écrit sur un petit mot posé sur le bureau du Président. Pas de signature. François Hollande, l’air grave, brûle le post-it. Un coup d’œil à sa montre. Il est 18 heures, le coup d’envoi d’Ukraine-France approche.

Pendant ce temps, Valérie Trierweiler apprend qu’un petit malin est allé coller une affiche «Ici ! Ici ! C’est Falorni !» sur la porte du domicile de Ségolène Royal. La première Dame décroche son téléphone :
«J’ai appris ce que l’on vous a fait. C’est terrible, vous m’en voyez presque désolée
- J’ai l’habitude des coups bas. Que puis-je faire pour vous ?
- Rien. Je voulais juste m’assurer que vous alliez mal car, de mon côté, tout va bien
- Tant mieux. Vous savez, un accident est si vite arrivé…»

Ségolène sera-t-elle élue ? François Hollande arrivera-t-il à concilier ses vies de supporter et de président ? Gérald Dahan est-il un bon imitateur ? Nadine Morano va-t-elle adopter la coupe de cheveux de Marine Le Pen ? Seul le prochain épisode de Grollande Hebdo sera en mesure de nous apporter les réponses aux questions que tout le monde se pose.

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