Jean-François Copé – François Fillon : qui sera le plus sarkozyste ?

PAR Romain Renner, le 05/09/2012 à 12:44

Nicolas Sarkozy n’est plus là mais on ne parle que de lui. La bataille pour la présidence de l’UMP prend de plus en plus la forme d’un concours de sarkozysme.

Les absents ont toujours tort, dit-on. Mais dans la course pour la présidence de l’UMP, l’absent – Nicolas Sarkozy – est la clé de l’élection. Eloigné des affaires politiques depuis qu’il a été battu par François Hollande (avec un communiqué retentissant sur la situation en Syrie comme seul entorse au silence qu’il s’est imposé), Nicolas Sarkozy est pourtant omniprésent dans la campagne électorale du premier parti d’opposition.

Ils étaient nombreux à vouloir liquider l’héritage sarkozyste au lendemain du 6 mai. Roselyne Bachelot parlait de droit d’inventaire pendant que François Fillon affirmait sa différence vis-à-vis de l’ancien chef de l’Etat. Dans le même temps, une bande d’irréductibles fidèles, menée par Brice Hortefeux, Christian Estrosi, Henri Guaino et consorts, défendait coûte que coûte le bilan du président déchu. Rusé, Jean-François Copé sent le vent tourner. Le cœur des militants – seuls votants lors du congrès du mois de novembre – bat encore pour Nicolas Sarkozy. Le secrétaire général s’engouffre alors dans la voie. A la popularité de l’ancien premier ministre, il réplique par son « indéfectible soutien » à l’ancien président de la République, avec qui il entretient depuis de nombreuses années des relations pour le moins houleuses.

La bataille des soutiens

A priori, François Fillon est le plus légitime à se réclamer du sarkozysme. Premier ministre durant cinq ans, le député de Paris a activement participé à la politique menée durant le quinquennat écoulé. Le ralliement officiel de Christian Estrosi, sarkozyste convaincu, et celui quasiment acquis de Xavier Bertrand ne trompent pas. Les fidèles de l’ancien Président se joignent à l’homme qui symbolise le plus l’œuvre de Nicolas Sarkozy (après Nicolas Sarkozy himself, évidemment).

Mais en face, Jean-François Copé, qui a mis plus de la moitié du quinquennat à soutenir à 100% l’action du Président, bénéficie également de soutiens symboliques. Outre Rachida Dati, pure produit du sarkozysme, le maire de Meaux peut compter sur Jean Sarkozy. Certes, être soutenu par le fils de Nicolas Sarkozy n’est pas un gage de grande fidélité (cf : les élections municipales de 2008) mais le secrétaire général de l’UMP est venu prendre un bain de foule amical lors d’un café-politique organisé à Neuilly-sur-Seine, anciennement dirigé par un certain N.S. Mieux, celui qui se rêve en candidat de la droite en 2017 affirme qu’il s’écarterait en cas de retour du grand patron.

Une question se pose toutefois : l’UMP est-elle (déjà) prête à vivre le règne de Nicolas II ? Surtout lorsque ce dernier ne sera jamais qu’un suiveur, au mieux, ou une pâle copie, dans le pire des cas.

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