Oui, le gouvernement a le droit de rendre visite au patronat

PAR Rédaction Menly, le 30/08/2012 à 11:37

Oui, le gouvernement a le droit de rendre visite au patronat

Jean-Marc Ayrault est devenu le premier chef de gouvernement socialiste à ouvrir l’université d’été du Medef. Sa présence auprès de l’organisation patronale a déplu à certaines personnalités de gauche. Elle est pourtant parfaitement logique et défendable.

Un premier ministre de gauche dans une réunion du syndicat du patronat ? Oui, mon bon monsieur. Jean-Marc Ayrault a donné hier le coup d’envoi de l’université d’été du Medef. Une initiative qui a fortement déplu à des figures de la gauche comme du syndicalisme. Ainsi Jean-Luc Mélenchon a-t-il parlé d’« erreur politique« , considérant « normal que l’on discute avec les branches patronales directement impliquées mais pas qu’on aille parler avec le mouvement des entreprises (…) c’est-à-dire avec des gens qui prétendent parler au nom de l’intérêt de l’économie général ». De son côté, Bernard Thibault a sommé le gouvernement (même pas peur !) de choisir entre « salariés et patrons ». Des attitudes rétrogrades qui vont parfaitement à l’encontre du bons sens dont fait preuve le gouvernement en voulant instaurer le dialogue avec le patronat.

  • Il faut enterrer définitivement la lutte des classes

Les responsables politiques qui opposent les patrons aux salariés et reprochent à un gouvernement de gauche de s’adresser aux chefs d’entreprise tentent de faire perdurer le bon vieux mythe de la lutte des classes ainsi que celui du schéma « traditionnel » : le peuple à la gauche, le patronat à la droite. Mais François Hollande a bénéficié du vote de nombreux patrons (qui n’est ni une insulte ni une grossièreté. Du moins, selon le dictionnaire) et, même si cela n’avait pas été le cas, le président de la République doit prendre en compte toutes les composantes de la société française. Surtout lorsque cette composante détient, en partie, les clés de l’emploi. Pierre Moscovici, qui refuse « une fiscalité défavorable aux entreprises » a d’ailleurs souligné « la nécessité de travailler ensemble au redressement de l’économie française ».

  • Il n’y a pas que le grand patronat

Selon les chiffres officiels, les Petites et Moyennes Entreprises (PME) représentent actuellement 2/3 des emplois (soit 10 millions de travailleurs). En France, une PME se définit comme une société qui emploie moins de 250 personnes et dont le chiffre d’affaires n’excède pas 50 millions d’euros par an (ou dont le bilan ne dépasse pas 43 millions d’euros). Les microentreprises (moins de 10 employés et chiffre d’affaires ou bilan inférieur à 2 millions d’euros par an) sont englobées dans cette catégorie et représentent 93% des entreprises en France. S’opposer au patronat revient donc essentiellement à s’opposer à des « petits », bien éloignés de l’image du riche  patron, fumant le cigare au 125ème étage de sa tour et s’octroyant de généreux bonus quelle que soit la conjoncture économique. Jean-Marc Ayrault a d’ailleurs annoncé qu’un plan spécifique aux PME serait présenté dans les prochaines semaines par le gouvernement.

  • Les organisations patronales sont des partenaires sociaux

L’expression « partenaires sociaux » est souvent – presque toujours – employée pour désigner les syndicats de travailleurs tels que la CGT, FO, CFTC et bien d’autres organisations représentant un secteur d’activité bien précis. Mais les organisations patronales – dont le Medef est la figure de proue – font également partie de ces fameux partenaires sociaux. Or, le gouvernement a autant besoin des entreprises pour réformer et faire progresser le monde du travail que des organisations salariales. Car un dialogue social dans lequel la parole ne serait donnée qu’à un seul intervenant n’est plus un dialogue.

 

Le premier ministre défend une fiscalité favorable au travail :

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