Quand les HLM de Paris fichent les alcooliques, malades et chômeurs

PAR Xavier Rasmusen Reggiani, le 03/02/2012 à 10:02

Quand les HLM de Paris fichent les alcooliques, malades et chômeurs

La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) a mis en demeure, ce jeudi 2 février, l’office public des HLM de Paris. Selon l’autorité indépendante, l’office ne respectait pas la vie privée de ses locataires. Une mise en demeure de la CNIL revêt pour la première fois un caractère public : « décidé au regard de l’importance des manquements constatés, du statut de l’office HLM contrôlé et du nombre de locataires concernés« .

La CNIL explique avoir reçu des plaintes d’associations de locataires « s’étonnant de l’accès » à des « données relatives à leur vie privée ».

L’enquête a révélé que l’office des HLM a fiché ses locataires sur des données extrêmement subjectives dont voici un petit échantillon : « alcoolique », « violence conjugale », « ancien SDF addiction boisson », « n’est pas de nationalité française », « personne très difficile à vivre », « de tempérament agressif et violent très procédurier », « séropositif », « cancer », « cardiaque », « sous chimiothérapie », « Alzheimer », « aveugle », « maladie de Parkinson », « pathologie respiratoire et chronique », « dépression hôpital psychiatrique », « fils cancer, Mme malade des poumons », « cancer des intestins, opération du cerveau ».

La CNIL explique qu’une « mise en demeure » ne doit pas être vue comme une sanction. Si l’OPH se conforme dans les deux mois à la loi informatique et libertés, « aucune suite de sera donnée à cette procédure ». L’office public des HLM assure avoir pris « les mesures nécessaires pour pallier aux manquements relevés« .

La ville de Paris parle de « cas isolés » et de « manquements inacceptables« .

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