RSA : la liste des boulots obligatoires des bénéficiaires

Le 17 nov 2011

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La crise frappe tout le monde même les chômeurs touchant le Revenu de Solidarité Active (RSA), l’Etat a décidé de leur imposer un nombre d’heures de travail pour obtenir leur aide.

Mardi, le Président de la République dans une élocution contre les fraudes sociales en général a trouvé cette nouvelle idée, pour soi-disant « redonner de la dignité » aux allocataires. Dans la foulée, le chef de l’Etat a précisé : « Qu’on me comprenne bien, ce n’est pas pour punir, c’est au contraire pour respecter, pour redonner de la dignité, on n’a pas de dignité quand on ne peut survivre qu’en tendant la main. »

Le RSA est un dispositif mis en place à partir de 1er juin 2009, il a remplacé l’ancien système du Revenu Minimum d’Insertion (RMI). Accessible dès 25 ans, ce nouveau dispositif qui regroupe dorénavant plusieurs aides a pour but de garantir à l’allocataire un revenu minimum, qu’il ait ou non les capacités de travailler, avec en retour l’obligation d’essayer d’améliorer sa situation, soit en cherchant du travail ou bien en suivant un projet professionnel.

De plus, il peut aussi aider un employé qui débute son activité ou bien compléter les revenus d’un salarié, sous certaines conditions de ressources et selon la situation familiale. Par exemple, le montant du RSA pour un personne seule est de 466 euros par mois, sans activité ni de revenus. Généralement, cette aide est abaissée du forfait logement (56euros), ce qui diminue le RSA à 410 euros par mois.

Nicolas Sarkozy souhaite expérimenter dans une dizaine de départements métropolitains d’imposer l’obligation aux bénéficiaires du RSA les plus éloignés du travail de travailler 7 heures par semaine. Cette nouveauté avait été préconisée par le député du Nord Marc-Philippe Daubresse dans un rapport remis à l’Etat au mois de septembre 2011 afin de moderniser le dispositif du revenu de solidarité.

Selon l’AFP, il y aurait 11 départements candidats potentiels pour appliquer cette nouvelle mesure dont le Bas-Rhin, les Alpes-Maritimes, la Savoie, la Haute-Marne, la Marne, la Haute-Savoie, la Manche, le Rhône, le Haut-Rhin, la Côte d’Or, et la Vendée. Ces heures de travail devraient débuter vers le mois de décembre 2011, sous la forme d’un Contrat Unique d’Insertion (CUI), qui est financé à 95% par les conseils généraux et l’Etat français. Les allocataires, d’après les calculs du ministère de Roselyne Bachelot, devraient percevoir environ 130 euros supplémentaires par mois au RSA de base. Si le bénéficiaire du RSA refuse, il pourrait subir des sanctions financières, et donc voir son seul revenu baisser…

Les réactions

Cette idée n’a pas manqué de faire réagir les différents partis politiques. Jean-Pierre Grand, proche de Dominique de Villepin a suggéré que ce projet « s’inspire du Revenu citoyen » proposé par l’ancien Premier ministre. Le député de l’Hérault a rappelé : « Dominique de Villepin a proposé le 14 avril dernier un Revenu citoyen de 850 euros par mois en contrepartie d’un service citoyen de 20 heures par semaine, ce Revenu citoyen entraînant la fusion de l’ensemble des minima sociaux à l’exception des allocations familiales. »

Sur l’île de la réunion, Patrick Lebreton a jugé cette mesure « inefficace, discriminante et électoraliste ». Le député maire de Saint Joseph a poursuivi : « Cette mesure, loin de favoriser une vraie insertion professionnelle, stigmatise une nouvelle fois les plus défavorisés des Français. Ceux-là sont condamnés à une double-peine : condamnés au chômage et condamnés à des CUI de 7h, sans aucune formation ni expérience qualifiante. »

Quel travail ?

Il est clair que cette obligation peut inciter peut être certaine personne à retourner sur le marché du travail après plusieurs désillusions ou bien à cause d’une trop forte exclusion. Cependant, le gouvernement n’a pas expliqué de manière détaillée ce que feront les allocataires du RSA. Il est fort probable qu’ils se dirigent vers de l’aide à la personne, ce secteur est en sous effectif du fait du vieillissement de la population et nécessite beaucoup de main d’œuvre. Ils pourront également aider lors des sorties de classe à faire traverser les écoliers dans les passages piétons ou encore participer au tri et au ramassage des déchets. Les associations, telles que les Restos du Cœur pour distribuer des repas chauds, ont aussi besoin de personnes pour les soutenir dans leur action. Cela pourrait être un vivier de bénévoles forcés…

Si ce dispositif fonctionne dans les départements tests, il est vraisemblable qu’il soit étendu à toute la France.

 

 

 

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