Racisme, homophobie, présomption d’innocence : quand l’emballement médiatique devient dangereux

PAR Rédaction Menly, le 11/07/2012 à 17:22

Racisme, homophobie, présomption dinnocence : quand lemballement médiatique devient dangereux

De plus en plus de faits divers font la Une d’une presse qui ne prend plus de recul vis-à-vis des affaires. A force de chercher le scandale, les médias oublient les règles élémentaires de prudence et de réserve qu’impose l’information.

La France est un pays profondément antisémite. C’est en tout cas ce que semblaient dire certains journaux et magazines français ces derniers jours. Le procédé est classique : un jeune juif porte plainte pour agression et la machine s’emballe. Avant même que la justice n’ait statué sur le caractère antisémite de l’affaire, la presse extrapole. Certains titres vont même jusqu’à faire leur Une sur l’antisémitisme en France et n’hésitent pas, afin d’étayer leur thèse, à donner la parole aux conspirationnistes antisionistes qui voient un complot juif derrière chaque événement de la vie quotidienne (d’ailleurs, pensez à bien étudier le logo de votre boulangerie, on ne sait jamais).

Malheureusement, cet emballement n’est pas un cas isolé. La peur de l’intolérance et de la haine nous a-t-elle rendus paranoïaques ? Probablement. Au point qu’il pèse désormais sur chacun de nous, un soupçon permanent d’homophobie, de racisme et d’autres formes de réjouissances. Rien de tel pour entretenir les braises d’une société pas franchement apaisée.

Et la présomption d’innocence dans tout ça ?

En septembre dernier, une rixe entre deux usagers dans le métro parisien avait conduit à la mort de l’un d’entre eux. « Babu » – c’est son surnom – devenait alors le « héros ordinaire », tué alors qu’il cherchait à secourir une jeune femme des griffes de son agresseur. Deux ministres – Thierry Mariani et Frédéric Mitterrand – lui rendent hommage. Quelques jours plus tard, l’enquête parle d’un « héros » en état d’ivresse et des vidéos de sécurité le montrent, portant le premier coup…

Pressés de trouver des coupables, de mettre des noms et des visages sur les crimes et délits qu’ils relatent, les médias ont une fâcheuse tendance à oublier la sacro-sainte règle de la présomption d’innocence. Bien sûr, certains prennent la « précaution » de parler de « présumés voleurs/violeurs/meurtriers » (rayez la mention inutile). Mais cette formulation est d’autant plus fausse que la justice française ne présume pas de la culpabilité d’une personne mais parle systématiquement de « suspect ». Mais de suspect à coupable, il n’y a qu’un pas, après tout.

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