Automobile : demain, on roule tous chinois ?

PAR Ismael Bourennane, le 16/10/2012 à 17:19

C’est l’histoire du verre à moitié vide ou à moitié plein. Il y a les optimistes, persuadés que les voitures chinoises ne franchiront jamais nos frontières. Pour le moins, sont-ils certains que la qualité de nos autos leur sera toujours supérieure.

Et puis il y a les autres, tous les autres, dont votre plumitif : je suis moi fermement convaincu au contraire, que le temps joue justement en faveur des constructeurs chinois. L’Empire du Milieu, devenu 1er marché automobile mondial, n’est pas pressé de venir nous envahir : il est encore en phase d’apprentissage et place ses pions, gentiment.

Et on sait à quelle vitesse les Chinois apprennent. Croire que leur seule force est de copier un produit déjà existant, serait donc une grave erreur. La Chine sait parfaitement se nourrir des compétences des autres à son propre profit.

Pour l’heure, les constructeurs chinois, Geely, Brillance, Chery, SAIC, pour n’en citer que quelques-uns, opèrent en sous-main en Europe. Les chinois y rachètent des marques honorables (MG, Volvo, peut-être Saab), y scellent des partenariats avec d’autres (Chrysler), y implantent des usines (Bulgarie) et y vendent leurs modèles par petites pincées, via des distributeurs.

Le temps est l’allié le plus sûr de l’arrivée officielle de la voiture chinoise dans nos contrées. Pour l’heure certes, le lobbying des constructeurs du Vieux continent empêche les constructeurs venus de Chine d’y vendre « officiellement » leurs voitures, par la filière officielle d’un réseau traditionnel en nom propre.

La sécurité défaillante de leurs produits (recalés méchamment aux crash-tests), le clonage (le mot n’est pas trop fort) de certains modèles européens (le 4X4 chinois Shuang Huan CEO ci-dessus n’est qu’une pâle copie du BMW X5), sont pour l’heure des remparts efficaces au franchissement de nos frontières, de la voiture chinoise de masse. Sans doute pas demain.

La compétitivité du pays le plus peuplé au monde n’est plus à démontrer et le rapport qualité/prestations/prix que les constructeurs automobiles chinois nous proposeront demain, fera voler en éclats tous les reproches qu’on leur adresse aujourd’hui.

Même ceux, qui, par principe, jurent en 2012 la main sur le coeur qu’ils n’achèteront jamais une voiture chinoise, en seront alors pour leurs frais. « Il n’y a pas de principes seulement des évènements, et des circonstances auxquels ils se rapportent », disait un de nos plus illustres écrivains. Il avait raison.

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