Voiture : ce que veulent les femmes

PAR Laurent Lepsch, le 10/09/2012 à 11:48


Dans l’imaginaire collectif, une voiture puissante et rutilante  y est vue comme un pitoyable prolongement (substitut ?) phallique,  un symbole fort de statut social ou, plus prosaïquement, comme un moyen efficace de prendre et donner du plaisir. Lorsqu’elle est longue, puissante et chère, la belle sur quatre roues est sans doute pour l’homme un peu tout ça, parfois même tout cela à la fois.

Mais pour la femme alors ? Quelle mouche la pique donc de préférer se montrer dans une Ferrari plutôt qu’une Twingo ? Et d’abord, est-ce vraiment le cas ? Probablement, l’éducation reçue et l’environnement dans lequel une demoiselle a longtemps évolué, pèseront sensiblement dans sa volonté de s’afficher ou non plus tard en « grosse bagnole ».

Ainsi, avoir passé sa prime jeunesse dans la Creuse au sein d’une famille aux valeurs simples et proches de la nature – mais peut-il sérieusement en être autrement dans ce département ? -, donnera mathématiquement toujours plus de garanties de rester ensuite à bonne distance des spotlights – et donc, par extension, des véhicules aux blasons prestigieux -, qu’une adolescence vécue à Cannes ou tout autre ville tentatrice de cet acabit où pullulent les Ferrari, Porsche et autre Aston Martin.

Par ailleurs, contrairement au mâle qui, majoritairement cherchera à se montrer dans une puissante cylindrée pour une des raisons pré-citées, une femme est aussi naturellement plus discrète qu’un homme. Plutôt, à l’ostentation d »une voiture, lui préfèrera-t-elle presque chaque fois, celle d’un joli bijou ou d’un sac de grande marque.

Ne croyez cependant pas – personne ne l’eut cru en vérité – qu’une femme s’écarte de toute carrosserie rutilante et bloc V8 comme on fuyait jadis la peste bubonique. Que nenni, un foyer non négligeable de nos chères et tendres y serait même particulièrement sensible, sans distinction de mœurs cette fois.  Se retrouver assise aux côtés d’un homme – l’âge et l’aspect physique n’ont alors généralement qu’une importance toute relative – au volant du dernier opus du Cheval cabré, peut effectivement tenter jusqu’à la plus endurcie des paysannes de Guéret (la Creuse, toujours, sans même y avoir mis jamais un pied).

Pavaner dans une voiture d’exception - c’est encore  plus vrai  lorsque cette dernière est un cabriolet – renferme ce pouvoir, je vous l’assure, de réduire à néant et en une seule accélération, les cœurs de femmes les plus secs, les natures les plus timides et ce passé d’exil employé à l’exclusive contemplation. La Tentation, quoi qu’on en dise, sera toujours plus amusante que la Vertu.

Sans aller jusqu’à remettre en cause les fondements du « ce n’est pas la taille qui compte« , les inévitables regards envieux des badauds sur son passage, enivrantes décibels en action, balayent en un éclair pour certaines des années de frustrations, battant en brèche les volontés d’ascètes les plus farouches.  Ainsi la grosse voiture, puissante et chère fascinerait-elle autant parce qu’on la désire ardemment que parce qu’on cherche à tout prix à s’en écarter. Sans doute Balzac, aurait-il trouvé là un nouveau tableau à dépeindre à la hauteur de son talent.

 

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